Le président américain Donald Trump lancera ce vendredi soir les festivités du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis. Pour cette occasion, le chef d'État tiendra, en toute sobriété, un discours au pied du Mont Rushmore, où sont ancrés dans le granit des Black Hills les visages de quatre de ses prédécesseurs : George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt.
Situé en Dakota du Sud, le Mont Rushmore est un véritable symbole et un hommage patriotique à la présidence américaine, mais aussi un lieu controversé. La légende dit que l'humble Donald Trump aimerait y voir son visage gravé dans la roche. Voici cinq choses que vous ignorez peut-être sur ce site hors du commun.
Des travaux lancés il y a cent ans
Derrière ces quatre visages de 18 mètres de haut chacun se cache le sculpteur Gutzon Borglum. L'artiste américain a passé deux années à Paris pour y étudier l'art à l'Académie Julienne et à l'école des Beaux-Arts avant de retrouver le sol américain et d'y réaliser plusieurs statues d'hommes d'État.
En 1923, il commence des travaux à Stone Mountain, une montagne de granit dans l'État de Géorgie, pour y réaliser un buste du militaire américain Robert E. Lee. Mais la même année, il est contacté pour un projet de sculptures dans les Black Hills. Il y consacrera le reste de sa vie. Décédé en 1941, c'est son fils Lincoln qui termina le projet.
Des liens avec le Ku Klux Klan
Le nom de Gutzon Borglum est aussi connu pour d'autres raisons. Dans un article du Washington Post publié en 2020, on apprend que le Ku Klux Klan a rapidement été « l'un des principaux bailleurs de fonds du mémorial » de Stone Mountain et qu'un système de financement participatif permettait à un cinéma d'Atlanta de reverser les recettes de la projection d'un film promouvant cette organisation suprémaciste blanche américaine au projet du sculpteur.
Gutzon Borglum « n'a jamais déclaré ouvertement être membre du Klan », cite le Washington Post, qui reprend dans son article les propos de l'auteur américain John Taliaferro, « mais il était certainement souvent à leur table. »
Une salle secrète
Quelques années avant sa mort, Gutzon Borglum a démarré la construction d'une pièce secrète creusée dans la roche derrière le visage d'Abraham Lincoln sur le Mont Rushmore. L'idée du sculpteur était de rallier cette salle par un escalier de 244 mètres pour y conserver des archives et documents historiques comme la Constitution et la Déclaration d'indépendance. Abandonné en 1941, année de la mort du sculpteur, le projet a finalement laissé place à un dépôt d'archives installé à l'entrée de la salle.
Construit sur des terres autochtones
La position du Mont Rushmore et sa signification actuelle font également beaucoup parler. « Certaines personnes ont exprimé leur inquiétude quant à la représentation des présidents américains sur le mont Rushmore, jugée trop complaisante », a expliqué Christina Gish Hill, professeure d'anthropologie à l'Université d'État de l'Iowa. Son propos est détaillé dans un rapport publié en 2019 sur la signification du Mont Rushmore pour les peuples Lakota, Cheyenne et Arapaho. « C'est là le cœur du problème pour les peuples autochtones : leur histoire douloureuse avec le gouvernement américain, le vol des Black Hills, et ce monument qui non seulement profane un lieu si sacré, mais glorifie aussi les États-Unis sans aucun esprit critique », détaille le document.
Un décor qui a inspiré le cinéma
Loin des controverses, le décor du Mont Rushmore a inspiré de nombreux réalisateurs. Le paysage reconnaissable des Black Hills apparaît dans plusieurs longs-métrages dont Mars Attacks! de Tim Burton, Benjamin Gates et le Livre des secrets de Jon Turteltaub, ou encore Superman 2 de Richard Lester.
La scène la plus emblématique du cinéma faisant référence au Mont Rushmore reste celle du cinéaste Alfred Hitchcock dans La Mort aux trousses, une séquence entièrement réalisée en studio.



