Un historien congolais a relancé le débat sur la responsabilité du roi des Belges, Baudouin, dans l'assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, en 1961. Dans un ouvrage publié cette semaine, l'historien présente des documents inédits qui, selon lui, prouvent l'implication directe du souverain belge dans le complot ayant conduit à la mort de Lumumba.
Des preuves accablantes
Les archives, découvertes dans les fonds privés d'un ancien diplomate belge, contiennent des correspondances entre le palais royal et les services secrets belges. L'historien affirme que le roi Baudouin aurait non seulement été informé du projet d'assassinat, mais qu'il aurait également donné son aval implicite. Ces révélations remettent en cause la version officielle selon laquelle la Belgique n'aurait eu qu'un rôle indirect dans l'élimination de Lumumba.
Réactions politiques
La publication a provoqué une vive réaction à Kinshasa. Le gouvernement congolais a demandé une enquête internationale pour faire toute la lumière sur ces allégations. De son côté, la Belgique a réaffirmé sa position, rappelant qu'une commission d'enquête parlementaire avait déjà établi en 2001 que la Belgique portait une "responsabilité morale" dans l'assassinat, sans toutefois impliquer directement la monarchie.
Un contexte historique sensible
Patrice Lumumba, figure emblématique de l'indépendance congolaise, a été assassiné le 17 janvier 1961 dans des circonstances troubles. Son exécution, perpétrée avec la complicité d'acteurs belges et congolais, a marqué un tournant dans l'histoire post-coloniale de l'Afrique. Les nouvelles révélations pourraient raviver les tensions entre la RDC et son ancienne puissance colonisatrice.
Vers une révision de l'histoire ?
Pour l'historien, ces documents imposent une révision de l'histoire officielle. Il appelle à la déclassification complète des archives belges concernant la période coloniale. La question de la restitution des archives reste un sujet épineux entre les deux pays. En attendant, ce nouveau débat relance les appels à la justice pour Lumumba et sa famille.



