La quête des familles des migrants disparus en mer
Quête des familles des migrants disparus en mer

Chaque année, des milliers de migrants tentent la traversée de la Méditerranée vers l'Europe. Beaucoup y perdent la vie, et leurs familles restent sans nouvelles. « Je veux juste savoir s'il est encore en vie », confie Aïcha, une mère sénégalaise qui cherche son fils depuis trois ans. Comme elle, des centaines de familles vivent dans l'angoisse de l'absence.

Un phénomène massif et méconnu

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 20 000 migrants sont portés disparus en Méditerranée depuis 2014. En 2025, le nombre de décès a atteint un niveau record, avec plus de 2 500 morts. Pourtant, seuls 10 % des corps sont identifiés formellement. Les familles restent souvent sans réponse, faute de procédures coordonnées entre les pays d'origine, de transit et de destination.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) déplore ce vide juridique. « Les États ont l'obligation de rechercher les personnes disparues et d'informer les familles », rappelle un porte-parole. Mais dans les faits, les familles doivent mener leur propre enquête, souvent sans moyens.

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Des initiatives citoyennes pour briser le silence

Face à l'inaction, des associations comme « Disparus en Méditerranée » tentent de recenser les cas et d'aider les proches. « Nous recevons des centaines de témoignages par mois », explique Fatima, coordinatrice de l'association. « Les familles nous envoient des photos, des descriptions, des espoirs. »

Ces initiatives permettent parfois de retrouver des survivants, mais le plus souvent, elles aident à faire le deuil. « Savoir que son fils est mort, c'est terrible, mais ne rien savoir, c'est pire », ajoute Fatima.

Un appel à la coopération internationale

Les experts appellent à la création d'une base de données mondiale des migrants disparus, comme le propose le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Il faut un mécanisme centralisé pour collecter les informations et les croiser avec les signalements des familles », explique un responsable du CICR.

En attendant, les familles continuent de chercher. Aïcha, elle, ne perd pas espoir. « Je sais qu'il est fort. Peut-être qu'il est quelque part, sans pouvoir donner de nouvelles. » Son histoire est celle de milliers d'autres, prises dans l'engrenage de la migration et du silence.

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