La violence liée au narcotrafic a de nouveau frappé l’Équateur. Huit cadavres enfermés dans des sacs ont été découverts dans une zone côtière du sud-ouest du pays, ont annoncé les autorités ce mercredi. Les corps ont été retrouvés dans la périphérie de Babayo, une ville d’environ 100 000 habitants située à 60 kilomètres au sud de Guayaquil, principal port d’exportation de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou. Le colonel Galo Munoz, chef de la police locale, a confirmé à la presse la découverte des sacs contenant les victimes.
Enquête en cours sur l’identité des victimes
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’identité des personnes retrouvées mortes. Selon les premiers éléments de l’enquête, il pourrait s’agir de huit personnes portées disparues depuis dimanche, dont plusieurs membres d’une même famille. Une plainte pour disparition inquiétante avait été déposée auprès du parquet avant la découverte des corps. Les autorités poursuivent leurs investigations pour établir avec certitude le lien entre ces disparitions et les victimes retrouvées à Babayo.
Message de revendication près des corps
Le ministre de l’Intérieur, John Reimberg, a indiqué qu’un message de revendication avait été retrouvé à proximité des corps. D’après lui, ces assassinats auraient été commis par le gang des Los Lobos dans le cadre de son affrontement avec son rival, Los Choneros. Ces deux organisations figurent parmi les principaux groupes criminels du pays et sont impliquées dans le trafic de drogue et les extorsions. Les autorités soulignent également leurs liens avec des cartels internationaux, notamment mexicains.
Contexte de violence croissante
Cette affaire intervient alors que l’Équateur continue de faire face à une forte hausse de la criminalité. Selon les autorités, 1 600 personnes ont connu une mort violente au cours du seul premier trimestre 2026. D’après InSight Crime, le taux d’homicide a atteint 51 pour 100 000 habitants en 2025, le plus élevé d’Amérique du Sud, après une progression de 550 % en cinq ans. Face à cette situation, le président Daniel Noboa a multiplié les mesures de sécurité, notamment l’instauration le 3 mai d’un couvre-feu nocturne dans neuf provinces.



