Un juge de l'État de New York a tranché lundi en faveur de l'accusation dans l'affaire Luigi Mangione, suspecté d'avoir assassiné Brian Thompson, le PDG de UnitedHealthcare. Les preuves cruciales saisies après son arrestation seront examinées lors de son premier procès, malgré les contestations de la défense.
Des preuves validées malgré des erreurs de procédure
La défense de Luigi Mangione cherchait à faire annuler ses premières déclarations à la police et la découverte de plusieurs éléments de preuve, dont un pistolet correspondant aux douilles retrouvées sur les lieux du crime. Cependant, le juge de la cour suprême de l'État a rejeté certains éléments issus d'une première fouille réalisée lors de l'arrestation, le 9 décembre 2024, notamment un chargeur d'arme de poing, un téléphone et un portefeuille.
En revanche, d'autres éléments recueillis plus tard au commissariat dans son sac à dos seront bien examinés à l'audience. Il s'agit notamment d'un pistolet de 9 mm, d'un silencieux et d'un journal dans lequel il dénonce le système américain d'assurance santé. De même, certaines déclarations faites aux policiers dans le McDonald's où ils l'ont arrêté ont été déclarées irrecevables, mais d'autres, faites spontanément à des gardiens de prison, sont jugées valides.
Une arrestation bâclée
L'arrestation de Luigi Mangione à Altoona, en Pennsylvanie, avait été marquée par des erreurs. Les policiers locaux, pourtant convaincus d'avoir affaire au suspect numéro 1 d'un meurtre qui venait de bouleverser le pays, avaient omis de lui signifier ses droits, notamment son droit au silence. De plus, le sac à dos qu'il transportait avait été fouillé sans mandat, justifiant l'annulation des preuves récupérées dans un premier temps, a estimé le juge Gregory Carro.
Un procès très attendu
Luigi Mangione, âgé de 28 ans, est suspecté d'avoir tué Brian Thompson pour se venger du système d'assurance santé américain. Il est apparu détendu devant la cour, vêtu d'une veste de costume bleue, conversant avec sa défense. Un premier procès devant la justice de l'État est prévu pour septembre, tandis qu'un autre, devant la justice fédérale, est programmé en janvier 2027.
Au niveau de l'État de New York, il est inculpé de meurtre et encourt la réclusion à perpétuité sans possibilité de liberté conditionnelle. Devant le tribunal fédéral, il est poursuivi pour deux chefs d'accusation de harcèlement, portant sur la traque de la victime, et risque la même peine. Une prochaine audience a été fixée au 3 juin.
L'affaire suscite une vague de soutiens, plusieurs personnes se présentant aux audiences avec des T-shirts réclamant sa remise en liberté. Le procès promet d'être très médiatisé, alors que le système d'assurance santé américain est au cœur des débats.



