L'ancien président nigérien Mohamed Bazoum est toujours détenu dans sa résidence de Niamey trois ans après le coup d'État du 26 juillet 2023, dans des conditions que ses avocats qualifient de « séquestration arbitraire ». Privé de tout contact avec l'extérieur pendant de longues périodes, il n'a pas été inculpé ni jugé.
Un isolement strict
Selon des sources proches de la famille, Bazoum n'a reçu la visite d'aucun représentant diplomatique depuis plus d'un an. Les communications téléphoniques sont coupées et l'accès à ses avocats est limité. « Il est maintenu dans un isolement total, sans possibilité de se défendre », a déclaré un de ses conseils, qui s'exprime sous couvert d'anonymat.
Les conditions de détention
L'ancien chef de l'État, élu en 2021, est confiné dans une aile de sa propre maison sous la garde de militaires. Les autorités de transition n'ont jamais officiellement reconnu sa détention comme une mesure de sécurité, mais des ONG locales rapportent que son état de santé se dégrade. « Il souffre de troubles cardiaques et n'a pas accès à des soins réguliers », affirme un rapport de la Ligue nigérienne des droits de l'homme.
Un silence international
La communauté internationale, après des condamnations initiales, a largement cessé de faire pression sur le régime du général Abdourahamane Tiani. Le nombre de 1 095 jours de séquestration est désormais un symbole de l'impasse politique. Les négociations médiatisées par la CEDEAO ont échoué, et Bazoum reste un otage politique.
Des appels à la libération
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont renouvelé leurs appels à sa libération immédiate. « Trois ans, c'est trop. Il doit être soit jugé dans le respect des procédures, soit libéré », a déclaré un porte-parole d'Amnesty. En attendant, l'ex-président demeure l'un des derniers dirigeants déposés d'Afrique de l'Ouest encore enfermé.



