Niger, Mali, Burkina Faso quittent la CPI dénonçant son caractère politique
Niger, Mali, Burkina Faso quittent la CPI

Le 2 juillet 2026, les autorités du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont annoncé conjointement leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Dans une déclaration commune, les trois pays sahéliens dénoncent un « instrument sélectif et politisé » utilisé contre les nations africaines.

Une décision collective des trois pays du Sahel

Les gouvernements de transition du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont signé un communiqué conjoint dans lequel ils notifient leur décision de se retirer de la CPI. Selon le texte, cette décision est motivée par le constat que la Cour « ne remplit plus sa mission première de justice universelle » et qu'elle est devenue « un outil au service des puissances occidentales ». Les trois pays estiment que la CPI cible systématiquement les dirigeants africains, tandis que les crimes commis par d'autres nations restent impunis.

Le retrait prendra effet un an après la notification officielle, conformément au Statut de Rome. Les trois États étaient membres de la CPI depuis respectivement 2002 pour le Mali, 2003 pour le Niger et 2004 pour le Burkina Faso.

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Des accusations de partialité répétées

Dans leur déclaration, les autorités des trois pays affirment que la CPI a « perdu toute crédibilité » en se concentrant sur les crimes en Afrique, alors que des situations de guerre et de violations des droits de l'homme dans d'autres régions du monde ne font l'objet d'aucune enquête. « Nous ne pouvons plus accepter cette justice à deux vitesses », déclare le porte-parole du gouvernement malien, cité dans le communiqué. « La CPI n'est qu'un instrument politique déguisé en tribunal. »

Cette décision intervient alors que les trois pays font face à des crises sécuritaires liées aux groupes djihadistes et à des accusations de violations des droits de l'homme commises par leurs armées respectives. Le Mali fait l'objet d'une enquête de la CPI pour des crimes présumés commis par l'armée malienne et des groupes armés depuis 2012.

Un précédent avec d'autres retraits africains

Le Niger, le Mali et le Burkina Faso ne sont pas les premiers pays africains à quitter la CPI. En 2016, le Burundi, l'Afrique du Sud et la Gambie avaient annoncé leur retrait, bien que ces deux derniers aient finalement fait marche arrière. Le retrait du Burundi a été effectif en 2017. Les critiques contre la CPI se sont intensifiées ces dernières années, notamment de la part de l'Union africaine, qui a dénoncé un « ciblage injuste » de l'Afrique.

Selon des données de la CPI, sur les 31 affaires portées devant la Cour depuis sa création, 28 concernent des situations africaines. Cela représente plus de 90 % des dossiers, alors que l'Afrique ne compte que 33 des 123 États parties.

Quelles conséquences pour la justice internationale ?

Le retrait de ces trois pays affaiblit encore davantage la légitimité de la CPI sur le continent africain. Les organisations de défense des droits de l'homme, comme Human Rights Watch et Amnesty International, ont vivement critiqué cette décision. « En quittant la CPI, ces régimes militaires cherchent à échapper à toute responsabilité pour les crimes commis par leurs forces », a déclaré une porte-parole d'Amnesty International. « Cela envoie un signal désastreux aux victimes qui attendent justice. »

En revanche, les gouvernements des trois pays estiment que cette décision leur permettra de renforcer leur souveraineté judiciaire. « Nous mettrons en place des mécanismes nationaux pour juger les crimes graves, conformément à nos traditions et à nos lois », a affirmé le ministre de la Justice du Niger. La communauté internationale reste divisée sur la question, certains pays occidentaux exprimant leur déception tandis que d'autres nations africaines pourraient suivre le mouvement.

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