Mauritanie : le pouvoir relance le dialogue avec les djihadistes emprisonnés
Mauritanie : dialogue renoué avec les prisonniers djihadistes

Le gouvernement mauritanien a relancé le dialogue avec des prisonniers djihadistes, une démarche qui s’inscrit dans une stratégie plus large de réconciliation et de lutte contre l’extrémisme violent. Selon des sources officielles, les discussions ont repris avec des détenus liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), emprisonnés depuis plusieurs années.

Une initiative de longue haleine

Ce processus de dialogue, initié en 2021, avait été interrompu en raison de divergences internes. Il a été relancé en juin 2026, sous l’impulsion des autorités mauritaniennes, qui cherchent à réduire les risques de radicalisation en prison et à obtenir des informations sur les réseaux djihadistes. Selon un responsable sécuritaire cité par l’Agence mauritanienne d’information, « une trentaine de détenus ont accepté de participer à ces échanges ».

Des objectifs multiples

L’objectif affiché est double : d’une part, convaincre les prisonniers de renoncer à la violence et de se réinsérer dans la société ; d’autre part, recueillir des renseignements sur les cellules dormantes et les filières de recrutement. Le ministre de la Justice, Mohamed Lemine Ould Cheikh, a déclaré : « Ce dialogue est un outil essentiel pour la paix et la sécurité. Nous espérons qu’il permettra de réduire la menace terroriste et de favoriser la réconciliation nationale. »

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Un contexte sécuritaire fragile

La Mauritanie, pays sahélien, a été frappée par des attentats djihadistes dans les années 2010, mais a réussi à maintenir une relative stabilité ces dernières années. Cependant, la menace persiste, notamment dans les zones frontalières avec le Mali et le Sahara occidental. En 2025, le pays a enregistré une augmentation des incidents sécuritaires, avec 12 attaques attribuées à des groupes djihadistes, selon le Centre d’études stratégiques de Nouakchott.

Des critiques et des espoirs

L’initiative suscite des réactions mitigées. Certains experts estiment qu’elle pourrait encourager l’impunité, tandis que d’autres y voient une opportunité unique de réduire la radicalisation. « Le dialogue est risqué, mais il est nécessaire », analyse un chercheur mauritanien sous couvert d’anonymat. « Si le gouvernement parvient à obtenir des résultats concrets, cela pourrait servir de modèle pour d’autres pays sahéliens. »

Un processus encadré

Les discussions sont menées par une commission spéciale composée de magistrats, de religieux et de représentants de la société civile. Les prisonniers qui acceptent de dialoguer bénéficient d’un régime de détention allégé et de visites familiales. En contrepartie, ils doivent s’engager à ne plus commettre d’actes violents et à coopérer avec les autorités.

Le gouvernement mauritanien espère que ce dialogue permettra de refermer un chapitre douloureux de l’histoire récente du pays et de consolider la paix. Selon des sources proches du dossier, plusieurs détenus ont déjà exprimé leur volonté de se repentir, ce qui laisse entrevoir des avancées significatives dans les mois à venir.

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