Des marches xénophobes secouent l'Afrique du Sud
Plusieurs marches xénophobes ont été organisées ce week-end en Afrique du Sud, visant spécifiquement les migrants originaires d'autres pays africains. Ces manifestations, qui se sont déroulées dans les villes de Johannesburg, Durban et Le Cap, ont rassemblé plusieurs centaines de personnes, selon les médias locaux. Les participants brandissaient des pancartes hostiles aux étrangers, accusés de voler des emplois et de profiter des ressources du pays.
Un rejet de la philosophie ubuntu
Ces événements sont en totale contradiction avec l'esprit de l'ubuntu, une philosophie sud-africaine qui prône l'humanité envers les autres et la solidarité communautaire. Le président Cyril Ramaphosa a condamné ces actes, déclarant : « L'ubuntu est au cœur de notre nation. Nous ne tolérerons pas la haine et la violence envers nos frères et sœurs africains. » Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, les violences xénophobes ont augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l'année précédente.
Des causes économiques profondes
Les organisateurs des marches justifient leur action par la situation économique difficile en Afrique du Sud, avec un taux de chômage atteignant 34,5 % en 2025. Ils estiment que les migrants sont responsables de la pression sur le marché du travail et les services publics. Cependant, des économistes soulignent que les migrants contribuent positivement à l'économie, notamment dans les secteurs informels et agricoles.
Réactions des autorités et de la société civile
Le gouvernement sud-africain a déployé des forces de police pour prévenir les débordements et protéger les communautés immigrées. Des organisations de la société civile, comme le Consortium des migrants africains, ont appelé au dialogue et à la réconciliation. « Nous devons nous rappeler que l'Afrique du Sud est un pays construit sur la diversité et la lutte contre l'apartheid », a déclaré son porte-parole, Thandi Modise.
Impact sur les relations régionales
Ces marches xénophobes pourraient nuire aux relations de l'Afrique du Sud avec ses voisins, en particulier le Zimbabwe, le Mozambique et le Nigeria, dont de nombreux ressortissants sont ciblés. L'Union africaine a exprimé sa préoccupation et appelle à des mesures pour protéger les migrants. Une réunion d'urgence est prévue la semaine prochaine à Addis-Abeba.



