Mali : la débâcle russe face aux djihadistes et rebelles
Mali : la débâcle russe face aux djihadistes

« Les autorités maliennes ont tout à fait le droit de choisir des partenaires fiables pour assurer l’intégrité territoriale de leur pays. » Cette déclaration, datée du 30 décembre 2021, émane de Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. À l’époque, les mercenaires de Wagner commençaient à s’installer au Mali tandis que les troupes françaises de Barkhane se préparaient à quitter le pays. Moscou exultait, fustigeant les « colons » français pour mieux vanter les mérites d’une nation « amie », censée garantir la stabilité du pays. Ce mirage n’a duré qu’un temps.

Une offensive d'envergure

Depuis le 25 avril, l’étau se resserre sur la junte militaire dirigée par Assimi Goïta et son parrain russe. Les djihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et des rebelles touaregs ont lancé une offensive de grande envergure. Les verrous stratégiques de Gao, Tombouctou et Sévaré sont menacés. Même la capitale, Bamako, quasiment encerclée, subit un blocus.

Un camouflet pour le Kremlin

C’est à Kidal que l’humiliation pour Moscou a été la plus cuisante. Les troupes de Vladimir Poutine ont dû abandonner cette place forte, symbole de la souveraineté retrouvée de l’État malien dans le Nord, pour éviter un bain de sang. Ce revers est un camouflet pour le Kremlin, qui avait fait du Mali une vitrine de son savoir-faire sécuritaire. Depuis la mort d’Evgueni Prigojine et la dissolution de sa milice Wagner, le pouvoir russe pilote directement les opérations dans le pays. Les quelque 2 500 hommes de Poutine refluent désormais pour tenter de sauver un régime aux abois.

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Loin des envolées lyriques de Maria Zakharova, le chaos actuel confirme que l’objectif du Kremlin n’a jamais été le contre-terrorisme, mais l’instrumentalisation d’une junte comme levier d’influence en Afrique de l’Ouest. Cette impuissance du couple Bamako-Moscou plonge le pays dans une nouvelle crise existentielle. Elle fait écho au pronostic, un brin sardonique, d’un haut gradé français qui avait confié au Point au moment de quitter Gao : « Bon courage aux Russes, ils risquent de déchanter rapidement. » Nous y sommes.

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