Le 15 juin 2026, une coalition hétéroclite composée de groupes djihadistes et de rebelles indépendantistes touaregs a pris le contrôle de Bamako, mettant fin au régime de la junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta, au pouvoir depuis le coup d'État de 2020. Selon des sources sécuritaires, l'offensive éclair a duré moins de 48 heures, les forces combinées ayant exploité les divisions internes de l'armée malienne et le mécontentement populaire croissant.
Une alliance contre-nature mais efficace
L'alliance, scellée en secret en avril 2026, réunit le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le Cadre stratégique permanent pour la défense du peuple de l'Azawad (CSP-DPA), principale coalition indépendantiste touareg. « Nous avons mis de côté nos différences idéologiques pour chasser un ennemi commun : la junte qui a trahi les aspirations du peuple malien », a déclaré un porte-parole du GSIM dans une vidéo diffusée après la chute de Bamako. De son côté, le CSP-DPA a justifié cette alliance par la nécessité de défendre les intérêts des populations du nord du Mali, marginalisées par le régime de Goïta.
Les causes de l'effondrement de la junte
Plusieurs facteurs expliquent la rapidité de la chute de la junte. D'abord, l'isolement diplomatique du Mali après le départ des forces françaises et européennes en 2022, suivi de la rupture avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en 2024. Ensuite, la dégradation de la situation économique : l'inflation a atteint 18 % en mai 2026, et les pénuries de carburant et de denrées alimentaires se sont multipliées. Enfin, les dissensions au sein de l'armée, avec des unités entières refusant de combattre ou faisant défection. Selon un rapport de l'International Crisis Group, le nombre de soldats maliens effectifs était passé de 12 000 en 2020 à moins de 7 000 en juin 2026, en raison des désertions et des pertes.
La prise de Bamako
Le 14 juin, les forces conjointes ont lancé une attaque simultanée sur plusieurs points stratégiques : le palais présidentiel de Koulouba, l'état-major des armées et l'aéroport international Modibo Keïta. En quelques heures, les défenses se sont effondrées. Le colonel Goïta a fui vers le sud, mais a été capturé le lendemain près de la frontière ivoirienne. « La résistance a été quasi inexistante, les troupes loyalistes se sont rendues ou ont abandonné leurs postes », a rapporté un journaliste de RFI présent sur place.
Réactions internationales et perspectives
La communauté internationale a condamné l'offensive. L'Union africaine a suspendu le Mali de toutes ses instances, tandis que la France a appelé à une « solution politique inclusive ». Les États-Unis ont imposé des sanctions contre les dirigeants du GSIM et du CSP-DPA. Cependant, les nouveaux maîtres de Bamako ont annoncé la formation d'un « conseil de transition » composé de 15 membres, dont 7 djihadistes et 8 indépendantistes, avec pour objectif déclaré d'organiser des élections dans un délai de 18 mois. Les analystes restent sceptiques : « Cette alliance est fragile et ne survivra probablement pas à long terme, mais pour l'instant, elle tient », estime le chercheur malien Dr. Fatoumata Diallo.
Conséquences humanitaires
Les combats ont fait au moins 300 morts et plus de 1 500 blessés, selon les premières estimations de l'ONU. Des milliers de civils ont fui Bamako, aggravant une crise humanitaire déjà critique : le Mali compte déjà 1,5 million de déplacés internes. Les hôpitaux sont débordés, et les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones touchées.



