Créé en 2010 et labellisé pôle de compétitivité eau, Aqua-Valley a été liquidé par le tribunal judiciaire de Montpellier, faute de financements publics. L'association, basée à Montpellier au sein de la faculté de pharmacie, avait accompagné pendant 16 ans une centaine de projets d'innovation sur la gestion quantitative et qualitative des ressources en eau et la réutilisation des eaux usées traitées.
Un désengagement de l'État et de la Région Sud
Sur les principaux financeurs, seule la Région Occitanie avait maintenu sa subvention de 72 000 € par an. L'État a mis fin à son enveloppe annuelle de 258 000 € et la Région Sud à celle de 120 000 €. Ce trou de 378 000 € par an était impossible à combler pour une structure de 10 salariés.
Olivier Sarlat, président d'Aqua-Valley et directeur de l'activité eau dans la région Sud chez Veolia, a constaté l'évidence. « Dans le cadre du tour de vis sur la loi de finances, l'État supprime depuis deux ans ses 9 milliards d'euros de subvention aux pôles de compétitivité », a-t-il déclaré.
Une restructuration impossible
En mars, une action de restructuration a été engagée avec un mandataire ad hoc pour trouver une solution, mais la trésorerie ne permettait pas d'autre issue. « C'est très dur pour les salariés qui ont tenu la barre jusqu'au bout de façon admirable », a ajouté Olivier Sarlat.
Ce désengagement intervient dans un contexte de sécheresse estivale et de raréfaction de la ressource en eau. Olivier Sarlat a toutefois refusé de polémiquer : « L'État comme la Région Sud ont fait un choix financier qu'on ne peut que constater et respecter, même s'il nous contraint à arrêter l'aventure. »
Un outil structurant pour la filière
Les métropoles de Nîmes et Montpellier finançaient aussi modestement ce pôle de compétitivité, qui mettait en synergie le monde de l'entreprise et le monde académique autour de projets innovants et créateurs d'emplois dans la gestion de l'eau. « C'est un outil qui a structuré la filière », a insisté Olivier Sarlat.
Aqua-Valley donnait aux acteurs de l'eau des moyens pour renforcer leur rayonnement en France et à l'étranger en labellisant les projets. Il réunissait une multitude de financeurs publics et privés, 22 experts pluridisciplinaires, et une vingtaine de centres de recherches adhérents responsables de deux publications sur trois à propos de l'eau. Il conseillait également l'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur sur les formations nécessaires.
Un héritage qui perdure
Une centaine de projets avaient émergé, notamment en matière de réutilisation des eaux usées traitées pour l'agriculture ou la récupération de calories pour chauffer des bâtiments. Interrogé sur la pérennité de ces acquis, Olivier Sarlat a répondu : « Non, il y a un héritage qui va perdurer. Ces liens créés ne vont pas se dissoudre comme ça, des synergies vont survivre et, je l'espère, des innovations continuer à émerger. »



