Histoire du mystérieux hantavirus des Andes
Histoire du mystérieux hantavirus des Andes

Le hantavirus des Andes (ANDV) est un pathogène mystérieux découvert dans les années 1990 en Argentine. Il provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie rare mais grave, avec un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. Contrairement à d'autres hantavirus, l'ANDV peut se transmettre d'homme à homme, ce qui le rend particulièrement préoccupant pour les autorités sanitaires.

Origine et découverte du virus

L'ANDV a été identifié pour la première fois en 1995 lors d'une épidémie dans la région de la Patagonie argentine. Les chercheurs ont isolé le virus à partir de rongeurs de l'espèce Oligoryzomys longicaudatus, qui en est le réservoir naturel. Le virus doit son nom à la cordillère des Andes, où il a été initialement détecté.

Depuis lors, des cas de SPH dus à l'ANDV ont été signalés dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, notamment au Chili, en Bolivie et en Uruguay. Selon l'Organisation panaméricaine de la santé, environ 200 cas sont recensés chaque année dans la région, avec un pic pendant les saisons humides.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Transmission et symptômes

La transmission à l'homme se fait principalement par inhalation d'aérosols provenant d'excréments, d'urine ou de salive de rongeurs infectés. Cependant, l'ANDV est unique parmi les hantavirus car il peut également se propager par contact interhumain, notamment lors de soins médicaux ou de contacts familiaux étroits. Une étude publiée dans Emerging Infectious Diseases a documenté plusieurs cas de transmission nosocomiale.

Les symptômes du SPH apparaissent après une incubation de 1 à 6 semaines. Ils comprennent de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête et des troubles digestifs, suivis d'une détresse respiratoire aiguë. Le diagnostic est difficile car les premiers signes ressemblent à ceux d'autres infections virales.

Impact sanitaire et prévention

Le taux de létalité du SPH dû à l'ANDV est estimé entre 30 % et 50 %, selon les épidémies. Il n'existe actuellement aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique approuvé. Les soins sont principalement de soutien, incluant une oxygénothérapie et une ventilation mécanique.

Les autorités sanitaires mettent l'accent sur la prévention : éviter le contact avec les rongeurs, assurer une bonne ventilation des espaces clos et porter des masques lors du nettoyage de zones contaminées. Des campagnes de sensibilisation sont menées dans les zones rurales d'Amérique du Sud.

Recherche et perspectives

La recherche sur l'ANDV progresse lentement en raison de la rareté des cas et des difficultés à travailler avec ce virus de niveau de biosécurité 4. Des études récentes ont identifié des anticorps neutralisants chez certains patients survivants, ouvrant la voie à des traitements potentiels. L'Institut Pasteur et d'autres centres collaborent pour mieux comprendre la pathogénie du virus.

En conclusion, l'ANDV reste un défi pour la santé publique en Amérique du Sud. Sa capacité à se transmettre entre humains et sa létalité élevée en font un agent pathogène à surveiller de près, dans un contexte de changement climatique qui pourrait modifier la distribution des rongeurs réservoirs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale