La Guinée a officiellement demandé à la France la restitution de manuscrits et documents historiques pillés pendant la période coloniale, selon une lettre adressée au président français Emmanuel Macron le 15 juillet 2026. Cette démarche, confirmée par le ministère guinéen de la Culture, marque une étape inédite dans les revendications de restitution du patrimoine africain.
Une liste de 150 documents réclamés
La demande porte sur 150 manuscrits et documents, dont des textes religieux, des traités politiques et des correspondances royales, conservés dans plusieurs institutions françaises, notamment la Bibliothèque nationale de France (BnF) et le Musée du Quai Branly. Le ministre guinéen de la Culture, Mamadou Diallo, a déclaré : « Ces documents sont notre mémoire collective, ils ont été volés et doivent revenir chez eux. » Selon les archives historiques, ces biens auraient été saisis lors de campagnes militaires françaises entre 1890 et 1910.
Un contexte juridique favorable
La demande s'appuie sur le rapport de 2018 remis à Emmanuel Macron par les chercheurs Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, qui préconisait la restitution des biens culturels africains. Depuis, la France a restitué 26 œuvres au Bénin en 2021 et 12 au Sénégal en 2022, mais les manuscrits guinéens restent en suspens. La Guinée avance que la loi française de 2023 sur la restitution facilite le processus, mais les procédures restent complexes.
Impact et réactions
Cette initiative pourrait faire jurisprudence pour d'autres pays africains. L'historienne guinéenne Fatoumata Barry estime : « C'est un signal fort, mais il faudra du temps pour que la France accepte de se séparer de ces pièces rares. » Selon une source diplomatique, la France étudie la demande, mais souligne les défis juridiques liés à la propriété des collections nationales. La Guinée espère une réponse d'ici la fin de l'année 2026.



