L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, mercredi 22 juillet, que le bilan de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda a dépassé les 1 000 morts. Ce cap symbolique souligne la gravité de la flambée épidémique qui sévit dans la région des Grands Lacs depuis près d'un an.
Une propagation transfrontalière inquiétante
Selon le dernier rapport de l'OMS, le nombre total de cas confirmés et probables s'élève à 1 542, dont 1 003 décès, soit un taux de létalité de 65 %. La majorité des cas sont concentrés dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, en RDC, mais des foyers ont également été détectés en Ouganda voisin, où 12 cas ont été recensés, dont 4 mortels.
« Cette épidémie est l'une des plus complexes auxquelles nous ayons été confrontés, en raison de l'insécurité, de la méfiance des communautés et des mouvements de population », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors d'un point presse à Genève.
Des défis logistiques et sécuritaires majeurs
La lutte contre le virus Ebola est entravée par l'activité de groupes armés dans l'est de la RDC, qui rendent difficile l'accès des équipes médicales aux zones touchées. Plusieurs attaques contre des centres de traitement ont été signalées, obligeant les humanitaires à suspendre temporairement leurs activités.
L'OMS a également souligné que la vaccination, qui a permis de protéger plus de 200 000 personnes, reste un outil essentiel. Cependant, la couverture vaccinale est insuffisante dans certaines zones reculées.
Un appel à la mobilisation internationale
Face à cette situation, l'OMS a lancé un appel urgent aux donateurs pour combler un déficit de financement de 54 millions de dollars. « Nous avons besoin de ressources supplémentaires pour intensifier la surveillance, la vaccination et la prise en charge des patients », a insisté le Dr Tedros.
L'épidémie actuelle, déclarée le 1er août 2023, est la dixième en RDC et la plus meurtrière depuis celle de 2018-2020 qui avait fait près de 2 300 morts. Les autorités sanitaires craignent une nouvelle escalade si les mesures de contrôle ne sont pas renforcées.



