Ebola en RDC : le risque passe d'élevé à très élevé, annonce le chef de l'OMS
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé ce vendredi 22 mai 2026 que le risque pour la santé publique lié à l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est désormais considéré comme « très élevé », contre « élevé » auparavant. Cette décision fait suite à la propagation du virus dans de nouvelles zones géographiques et à l'augmentation du nombre de cas.
Une situation préoccupante
Depuis la réapparition du virus Ebola en RDC en avril dernier, les autorités sanitaires font face à une recrudescence des infections. Le dernier bilan fait état de 150 cas confirmés et 90 décès, avec un taux de létalité élevé. Les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri sont les plus touchées, mais des cas ont également été signalés dans des zones urbaines densément peuplées, ce qui complique la tâche des équipes de réponse.
L'OMS souligne que la situation est d'autant plus préoccupante que le système de santé congolais est fragile et que les mouvements de population sont importants. « Nous devons agir rapidement et de manière coordonnée pour éviter une propagation incontrôlée », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse virtuelle.
Un appel à la mobilisation internationale
Face à cette menace, l'OMS a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour obtenir des fonds supplémentaires et renforcer les capacités de réponse. L'organisation a déjà déployé des équipes d'experts sur le terrain, mais les ressources restent insuffisantes. Le vaccin contre Ebola, bien que disponible, n'a pas encore été administré à grande échelle en raison de problèmes logistiques et de la méfiance de certaines communautés.
« Nous avons besoin de plus de personnel médical, de matériel de protection, de moyens de transport et de financement pour mener à bien la vaccination et la sensibilisation », a insisté le chef de l'OMS. Il a également appelé les pays voisins à renforcer leur surveillance sanitaire pour prévenir une éventuelle propagation transfrontalière.
Des défis multiples
Outre les aspects sanitaires, la réponse à l'épidémie est entravée par l'insécurité dans l'est de la RDC, où opèrent de nombreux groupes armés. Les attaques contre les centres de traitement et les agents de santé sont fréquentes, ce qui entrave les opérations. Par ailleurs, la défiance de certaines populations envers les autorités et les intervenants étrangers complique les campagnes de sensibilisation.
L'OMS travaille en étroite collaboration avec le ministère congolais de la Santé, Médecins sans Frontières et d'autres partenaires pour tenter de contenir l'épidémie. Cependant, sans un soutien international massif et rapide, le risque d'une propagation régionale est réel.
Cette annonce intervient alors que le monde est encore marqué par les leçons de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest entre 2014 et 2016, qui avait fait plus de 11 000 morts. L'objectif est d'éviter une nouvelle catastrophe humanitaire.



