Ebola : course contre la montre pour un vaccin contre la souche Bundibugyo
Ebola : course contre la montre pour un vaccin contre Bundibugyo

Plusieurs organisations internationales ont annoncé lundi une intensification des efforts pour concevoir un vaccin contre la souche rare "Bundibugyo" du virus Ebola, responsable d'une épidémie meurtrière en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Avec près de 250 décès pour plus de 1 100 cas recensés, cette nouvelle flambée de la maladie hémorragique a déclenché une course contre la montre parmi les scientifiques et les organismes sanitaires mondiaux.

Une souche rare et dangereuse

Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC, mais seulement la troisième causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement approuvé n'existe. Le virus tue entre un tiers et la moitié des personnes infectées, ce qui rend la situation particulièrement préoccupante. La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l'Alliance du vaccin (Gavi) ont mobilisé 50 millions de dollars pour accélérer la recherche.

Le candidat-vaccin le plus prometteur

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le candidat-vaccin "le plus prometteur" est le rVSV Bundibugyo à dose unique, développé par l'International AIDS Vaccine Initiative (IAVI). Sa plateforme de développement est identique à celle du vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre d'Ebola, bien plus fréquente. Lundi, IAVI a annoncé un accord avec la branche médicale de l'université du Texas pour poursuivre le développement. Le virologue Thomas Geisbert, qui a supervisé la création d'Ervebo, a indiqué que des essais sur des singes en 2013 avaient montré une protection efficace contre Bundibugyo, mais que le projet était resté en suspens pendant plus d'une décennie par manque d'intérêt des groupes pharmaceutiques. L'OMS estime qu'il faudrait entre sept et neuf mois avant qu'un vaccin rVSV soit prêt pour des essais cliniques sur l'homme.

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D'autres candidats en développement

Deux autres candidats-vaccins bénéficient également de financements. L'un, développé à l'université d'Oxford, utilise un vecteur viral ChAdOx1 et pourrait être disponible pour des essais cliniques d'ici deux à trois mois, selon l'OMS. Il sera produit par le Serum Institute en Inde, le plus grand fabricant mondial de vaccins. Le troisième candidat, développé par Moderna, repose sur la technologie de l'ARN messager (ARNm), devenue célèbre avec les vaccins anti-Covid.

Mobilisation et financement

L'OMS a salué cette mobilisation, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus déclarant : "C'est une avancée importante dans notre réponse collective." Gavi a annoncé débloquer jusqu'à 50 millions de dollars pour soutenir les efforts de vaccination. "Nous devons agir dès maintenant pour garantir que, dès qu'un ou plusieurs candidats-vaccins seront prêts, les fabricants puissent commencer à produire des doses à grande échelle", a souligné sa directrice générale Sania Nishtar.

Défis à venir

Administrer les vaccins dans une vaste région confrontée au paludisme, à la famine et à des combats entre groupes armés posera des défis logistiques importants. Il sera également crucial de gagner la confiance des populations, a prévenu l'OMS. Richard Hatchett, directeur général de la CEPI, a rappelé que les essais cliniques ne garantissent pas des résultats positifs : "Nous avons des raisons de croire que nous pouvons mettre au point des vaccins efficaces, mais nous ne voulons pas minimiser le caractère expérimental de ces produits." Parallèlement, plusieurs initiatives visent à tester rapidement des traitements, notamment les antiviraux remdesivir et obeldesivir, ainsi qu'un anticorps monoclonal appelé MBP134.

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