Plusieurs ressortissants américains ont été placés en quarantaine au Kenya après l'identification d'un cas suspect de fièvre hémorragique à Ebola, selon des sources diplomatiques. Le gouvernement kenyan a cependant déclaré ne pas avoir été informé de cette mesure, suscitant des tensions entre Nairobi et Washington.
Un cas suspect à Nairobi
Le cas suspect a été détecté dans un hôpital privé de Nairobi, la capitale kenyane. Le patient, un homme d'affaires kenyan récemment rentré de la République démocratique du Congo, présentait des symptômes compatibles avec le virus Ebola. Les autorités sanitaires américaines, présentes au Kenya dans le cadre de programmes de coopération, ont immédiatement pris des mesures de précaution en plaçant en quarantaine plusieurs de leurs ressortissants qui avaient été en contact avec le patient.
Selon une source proche de l'ambassade des États-Unis à Nairobi, "une dizaine de personnes" ont été confinées dans un centre spécialisé. "Nous agissons conformément aux protocoles internationaux pour éviter toute propagation", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement kenyan dément
Interrogé par la presse, le ministre kenyan de la Santé, Mutahi Kagwe, a fermement démenti avoir été informé de cette quarantaine. "Nous n'avons reçu aucune notification officielle de la part des autorités américaines concernant une mise en quarantaine de leurs ressortissants. Le gouvernement kenyan est pleinement capable de gérer les risques sanitaires sur son territoire", a-t-il déclaré.
Cette déclaration contraste avec les informations fournies par les diplomates américains, qui affirment avoir informé les autorités locales dès l'identification du cas suspect. Un porte-parole de l'ambassade a précisé que "les procédures de notification ont été suivies conformément aux accords bilatéraux".
Des précédents controversés
Ce n'est pas la première fois que des mesures de quarantaine prises par des pays étrangers suscitent la controverse au Kenya. En 2014, lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, plusieurs pays avaient imposé des restrictions de voyage à l'encontre des pays touchés, sans toujours consulter les gouvernements locaux.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que "les mesures de quarantaine doivent être proportionnées et fondées sur des données scientifiques, et nécessitent une coordination étroite avec les autorités nationales".
La menace Ebola persistante
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, déclarée en juin 2026, a déjà fait plus de 200 cas et 150 décès, selon l'OMS. Le virus, qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels, a un taux de létalité élevé, variant de 25 % à 90 % selon les souches.
Le Kenya, qui n'a jamais enregistré de cas d'Ebola sur son sol, reste en état d'alerte. Les autorités sanitaires kenyanes ont renforcé les contrôles aux frontières et dans les aéroports. "Nous avons mis en place des thermoscanners et des équipes médicales dans les principaux points d'entrée", a indiqué le ministre Kagwe.
Des tensions diplomatiques
Cette affaire pourrait raviver les tensions entre le Kenya et les États-Unis, déjà mises à l'épreuve par des divergences sur la politique commerciale et les droits de l'homme. Le gouvernement kenyan a convoqué l'ambassadeur américain pour demander des éclaircissements.
De son côté, le département d'État américain a réaffirmé "l'importance de la coopération en matière de santé publique" et a exprimé son espoir de "résoudre ce malentendu rapidement".



