Mercredi 22 juillet 2026, aux alentours de 23 heures, huit des douze dauphins encore présents dans les bassins de Marineland, à Antibes, ont pris la direction du parc marin de Malaga, en Espagne. Le parc, fermé définitivement depuis le 5 janvier 2025, a ainsi vu partir Malou, Sharky, Joe, Nala, Ollie, Dam, Lux, Lua, Neo, Kai, Anya et Rocky – huit d'entre eux ont été transportés par camion vers l'aéroport de Nice, puis par avion vers leur nouvelle destination.
Une mobilisation émouvante des associations
Dès 20 heures, les associations de protection animalière se sont rassemblées sur le rond-point entre la gare de Biot et Marineland. Lampes en forme de dauphins, portraits des cétacés et slogans sur des cartons ont accompagné ce dernier adieu. « C'est un deuil », a déclaré une militante de One Voice. Encouragés par les klaxons des automobilistes, les volontaires ont patienté dans le silence, scandant des « bravos » et « vous avez raison ».
« Les envoyer en enfer » : la colère des militants
Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice, a exprimé son amertume : « C'est sur ce lieu même que nous nous sommes réunis chaque mois pendant des années. Nous ne voulions pas rester éloignés lors d'un moment aussi grave et dramatique en France. » Catherine, une militante engagée depuis 2016, a ajouté : « Nous avions tellement d'espoir. Mais aujourd'hui, le groupe Parques Reunidos, propriétaires de ces animaux, les récupère : c'est les envoyer en enfer. Les envoyer dans un pays où aucune association ne milite pour leur bien-être est une immense déception. »
Une trahison du gouvernement français
Aurore Défix, vice-présidente de One Voice, a fustigé l'attitude des autorités : « Le gouvernement français nous a vendu du rêve et fait perdre du temps. Nous ressentons une très forte colère face à cette trahison, en pensant à ces vies brisées, à ces individus à qui nous avions promis de trouver une véritable solution. On est face à un gouvernement qui bafoue ses propres lois, ses propres engagements, ses propres promesses. »
Les prochains combats des militants
Les quatre dauphins restants – dont Malou et Sharky, capturées dans la nature et jugées sans intérêt pour la reproduction – ainsi que les deux orques Wikie et Keijo, n'ont pas encore été transférés. Les associations promettent de maintenir la pression, notamment contre le projet de Beauval, qu'elles jugent inacceptable. « Nous serons également mobilisés contre le projet de Beauval, car il est impensable qu'un nouveau delphinarium voie le jour en France. Nous maintiendrons la pression, y compris en Espagne s'il le faut », a conclu Muriel Arnal.
Un dernier adieu avant le départ
Peu après 22 h 30, les militants se sont déplacés près de l'hôtel So Blue du parc pour un dernier salut. À 23 heures, les poings se sont levés, et seuls les moteurs des camions ont brisé le silence, alors que certains ne pouvaient retenir leurs larmes. Le combat continue, mais la tristesse et la colère dominent ce départ vers l'Espagne.



