CGT Énergie : le tarif agent, dernier totem du statut attaqué
CGT Énergie : le tarif agent, dernier totem attaqué

La CGT Énergie monte au créneau contre ce qu'elle considère comme une attaque frontale contre le statut des salariés du secteur. En ligne de mire : le tarif agent, un avantage historique qui permet aux employés des entreprises énergétiques de bénéficier d'une réduction sur leur facture d'électricité et de gaz. Selon le syndicat, cet avantage serait désormais menacé par les réformes en cours, notamment la libéralisation du marché et les pressions de la Commission européenne.

Un avantage symbolique et concret

Le tarif agent, instauré après la nationalisation de 1946, concerne environ 150 000 salariés actifs et retraités d'EDF, d'Engie et de leurs filiales. Il permet une réduction de 20 à 30 % sur les tarifs réglementés de l'électricité et du gaz. Pour la CGT, cet avantage n'est pas un simple privilège, mais une contrepartie aux contraintes spécifiques du métier, comme l'astreinte et la disponibilité permanente. « C'est le dernier totem qui restait à attaquer dans notre statut », a déclaré un représentant syndical, soulignant que les précédentes réformes ont déjà érodé d'autres droits.

Pressions européennes et concurrence

La Commission européenne a récemment demandé à la France de mettre fin à ce dispositif, le jugeant incompatible avec les règles du marché intérieur de l'énergie. Bruxelles estime que le tarif agent constitue une aide d'État déguisée, faussant la concurrence. En réponse, le gouvernement français a engagé une réflexion sur l'avenir de cet avantage, dans le cadre de la loi de transition énergétique et des négociations avec les opérateurs historiques. La CGT dénonce une « privatisation rampante » et appelle à une mobilisation nationale pour défendre ce droit.

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Un impact social et économique

Au-delà du symbole, la suppression du tarif agent aurait des conséquences financières directes pour les salariés. Selon une estimation du syndicat, un agent perdrait en moyenne 300 à 500 euros par an. Pour les retraités, souvent les plus vulnérables, la perte pourrait être plus lourde. La CGT estime que cette attaque s'inscrit dans une logique de casse du service public et de précarisation des agents. « On veut faire des salariés de l'énergie des travailleurs comme les autres, sans les contreparties historiques », ajoute le syndicat.

Mobilisation en vue

La CGT Énergie prépare une journée d'action le 15 septembre prochain, avec des rassemblements prévus devant les sièges d'EDF et d'Engie, ainsi que des débrayages dans les centrales et les sites de distribution. Le syndicat espère une large participation pour envoyer un signal fort au gouvernement et à Bruxelles. « Nous ne laisserons pas toucher à ce qui fait notre identité », conclut le représentant syndical.

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