À Chongqing, mégalopole du sud-ouest de la Chine, les bangbang, ces porteurs de charges qui sillonnaient les ruelles escarpées de la ville, voient leur métier disparaître peu à peu. Autrefois indispensables pour transporter marchandises et meubles dans les quartiers pentus, ils sont aujourd'hui concurrencés par les véhicules motorisés et les livraisons par drones.
Un métier ancestral en voie de disparition
Les bangbang, reconnaissables à leur perche en bambou et leurs cordes, étaient autrefois omniprésents à Chongqing. Ils transportaient tout type de charge, des courses aux meubles, en passant par les matériaux de construction. Avec l'essor des infrastructures modernes, notamment les ascenseurs publics et les téléphériques, leur utilité s'est réduite. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques centaines à exercer, contre des milliers il y a vingt ans.
Des conditions de vie difficiles
Ces travailleurs, souvent âgés et peu qualifiés, gagnent leur vie au jour le jour. Leurs revenus, qui pouvaient atteindre 200 yuans (environ 25 euros) par jour dans les années 2000, ont chuté à moins de 100 yuans. Beaucoup vivent dans des logements précaires et n'ont pas accès à la sécurité sociale. La pandémie de Covid-19 a accéléré leur déclin, avec la baisse du trafic et la concurrence accrue des services de livraison en ligne.
La modernisation de Chongqing
La ville de Chongqing, l'une des plus grandes de Chine, s'est considérablement modernisée ces dernières décennies. Les autorités ont encouragé le développement des transports en commun et des infrastructures, rendant les services de bangbang moins nécessaires. Par ailleurs, la croissance du commerce électronique a favorisé l'émergence de nouveaux modes de livraison, plus rapides et moins chers.
Un patrimoine culturel menacé
Les bangbang font partie du patrimoine culturel de Chongqing. Leur image est souvent utilisée dans les films et les romans pour évoquer l'âme de la ville. Mais malgré les tentatives de certains artistes et associations pour les préserver, le métier semble condamné. Les jeunes générations ne sont pas attirées par ce travail pénible et peu rémunéré. Les bangbang eux-mêmes, résignés, se tournent vers d'autres activités, comme le recyclage ou les petits boulots.
Le déclin des bangbang illustre les transformations profondes de la société chinoise, où la modernisation économique s'accompagne souvent de la disparition de métiers traditionnels. Pour les derniers porteurs, c'est la fin d'une époque, mais aussi l'incertitude d'un avenir sans filet de sécurité.



