José Antonio Kast, candidat d'extrême droite, a été élu dimanche président du Chili avec 58,2 % des suffrages, battant la candidate de gauche Jeannette Jara (41,8 %). Ce résultat marque un tournant politique majeur dans le pays, le plus à droite depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet en 1990.
Un programme sécuritaire et anti-immigration
Fils d'un soldat allemand membre du parti nazi, Kast a mené une campagne axée sur la sécurité et la lutte contre l'immigration clandestine. Il propose la construction de tranchées et de murs aux frontières, la déportation des migrants en situation irrégulière et le déploiement de l'armée dans les zones à forte criminalité. Son mentor, Jaime Guzmán, était un proche conseiller de Pinochet, et Kast rend visite en prison à Miguel Krassnoff, tortionnaire condamné pour crimes contre l'humanité.
Un contexte régional favorable
Cette victoire s'inscrit dans une poussée de la droite nationaliste en Amérique latine, après les succès de Daniel Noboa en Équateur, Nayib Bukele au Salvador et Javier Milei en Argentine. Ce dernier a salué l'élection de son « ami » Kast. En Bolivie, l'élection du centriste Rodrigo Paz en octobre a mis fin à près de vingt ans de gouvernements socialistes.
Au Chili, la criminalité violente a augmenté ces dernières années, alimentée par les groupes criminels profitant des frontières poreuses avec la Bolivie et le Pérou. Les flux migratoires, notamment en provenance du Venezuela, se sont intensifiés. Kast promet de créer une police des frontières inspirée de celle des États-Unis pour expulser rapidement les entrants illégaux et réduire massivement les dépenses publiques.
Cependant, ses réformes radicales pourraient se heurter à un Congrès fragmenté, où la gauche et la droite disposent d'un nombre similaire de sièges après les législatives de novembre. Dans son discours de victoire, Kast a appelé à la persévérance, affirmant qu'il n'y a « pas de solution magique ».



