Cent ans de lien franco-tchèque au lycée Daudet de Nîmes
Cent ans de lien franco-tchèque au lycée Daudet

Depuis un siècle, un lien historique entre Nîmes et la République tchèque s'est forgé au lycée Daudet. La section tchèque de cet établissement révèle un pan méconnu des échanges franco-tchèques. Née en 1924, elle a traversé guerres et renaissances avant de s'ancrer durablement à Nîmes, devenant un symbole vivant d'un lien culturel centenaire.

Une histoire méconnue mise en lumière

En passant devant le lycée Daudet, personne ne remarque sur la façade un symbole annonçant la présence d'une section tchèque. Pour sa conférence intitulée "Ernest Denis, Denisa, Barbora, Eliska et les autres ou l'histoire de la section tchèque du lycée Daudet", Micheline Poujoulat dévoilera ce petit détail. Membre de l'Académie de Nîmes, l'enseignante a présenté en novembre dernier une communication sur cette histoire méconnue. La société savante essaie de faire connaître ses travaux et a invité Micheline Poujoulat à présenter ses recherches au grand public. Grâce à Arnaud Sobczyk, nouveau proviseur du lycée Daudet, c'est sur place qu'aura lieu cette présentation.

Ernest Denis, figure clé des relations franco-tchèques

L'histoire est étroitement liée à la figure du Nîmois Ernest Denis, éminent spécialiste des cultures slaves, qui a joué un rôle important dans la création d'un État tchécoslovaque puis dans les échanges culturels entre ce nouveau pays et la France. "Il était très connu à Prague où une gare portait son nom et l'Institut d'études slaves à Paris est hébergé dans son hôtel particulier, acheté par la Tchécoslovaquie et offert à la France. Mais son souvenir s'est estompé", regrette Micheline Poujoulat.

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Une première section tchèque ouverte en 1924

"Après la Première Guerre mondiale, des accords culturels sont signés entre la France et la Tchécoslovaquie et les premières sections tchèques sont ouvertes à Saint-Germain-en-Laye et à Dijon", précise Micheline Poujoulat. Les lycéens viennent en France passer trois ans, ils sont pris en charge et passent le bac. Dans les années 1920, "les élèves de la section tchèque de Dijon sont venus visiter la ville d'Ernest Denis. La municipalité les reçoit". Dans la foulée se crée une section tchèque à Nîmes, qui va connaître des vicissitudes liées à l'histoire mouvementée du XXe siècle. Créée en 1924, elle fonctionne jusqu'en 1939, rouvre entre 1945 et 1948, puis entre 1969 et 1973 et définitivement depuis 1990. La section bourguignonne existe toujours, celle de Saint-Germain-en-Laye a fermé.

Évolution et fonctionnement actuel

Au départ, la section nîmoise était réservée aux garçons. Désormais, ce sont quatre filles qui arrivent chaque année à Nîmes pour suivre trois années d'enseignement. Volontaires, elles sont francophones quand elles arrivent en France et dispersées dans les classes en fonction de leurs choix de spécialités. "Elles vivent à l'internat et une partie de leur scolarité est assumée par la ville", précise Micheline Poujoulat.

Mardi 2 juin, 18 h. Salle Terrisse, lycée Daudet, boulevard Victor-Hugo, Nîmes. Entrée libre. 04 66 21 55 93.

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