Le Cap-Vert, archipel de 500 000 habitants au large du Sénégal, a créé la surprise lors de la Coupe du monde 2026 en accrochant l'Espagne (championne d'Europe) et en poussant l'Argentine (championne du monde) en prolongation lors des huitièmes de finale. Mais cette performance suffit-elle à en faire la révélation du tournoi ? Deux journalistes de la rédaction des sports de Nice-Matin en débattent.
Pour Antoine Delgoulet : oui, le Cap-Vert a franchi le cap de la notoriété
Avant ce Mondial, le Cap-Vert était quasi inconnu. Ses meilleurs joueurs évoluent dans des clubs modestes : Chaves, Shamrock Rovers, Al Bataeh, Igdir FK, Ludogorets Razgrad, Krasnodar ou Estrela Amadora. Pourtant, les Requins Bleus ont été capables de tenir tête à l'Espagne, qui domine le football européen, et de faire trembler l'Argentine jusqu'au bout des prolongations. Des performances captivantes qui ont placé le pays sur la carte du football mondial.
Pour Romain Laronche : non, sans victoire, pas de gloire durable
Si la popularité du Cap-Vert a progressé, le football retient surtout les résultats. Et le bilan est implacable : quatre matchs, trois nuls et une défaite. Un huitième de finale ne suffit pas à marquer les esprits. Pour laisser une trace comparable à celle du Cameroun de Roger Milla (quart de finaliste en 1990), de la Bulgarie de Stoichkov (demi-finaliste en 1994) ou de la Turquie de Hakan Şükür (demi-finaliste en 2002), il faut battre un cador ou atteindre le dernier carré. Si l'Égypte ou la Norvège poursuit son aventure, on se souviendra de Salah ou Haaland, pas de Vozinha et ses coéquipiers.



