L'Algérie a annoncé mercredi la transformation d'une caserne militaire située dans le désert du Tanezrouft, l'une des régions les plus inhospitalières de la planète, en prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants. La décision a été prise lors d'une réunion du Haut Conseil de sécurité présidée par le chef de l'État, Abdelmadjid Tebboune.
Une mesure radicale contre les barons de la drogue
Selon un communiqué de la présidence, la future prison sera réservée aux « barons de la drogue et aux trafiquants ». La présidence n'a pas fourni d'autres détails sur le calendrier ou les modalités de mise en œuvre de ce projet.
Le Tanezrouft, situé dans l'extrême sud-ouest algérien, à la frontière du Mali, est un désert quasi inhabité où les températures peuvent dépasser 50 °C en été. Surnommé le « pays de la soif », il est considéré comme l'une des zones les plus reculées et hostiles du Sahara.
Un organisme sécuritaire sur le modèle de la DEA
Les autorités ont également décidé de créer un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte antidrogue, sur le modèle d'agences existant dans plusieurs pays, notamment la Drug Enforcement Administration (DEA) aux États-Unis.
Cette annonce intervient alors que les autorités multiplient les mises en garde contre l'essor du trafic de stupéfiants dans ce pays de près de 46 millions d'habitants, vaste territoire méditerranéen disposant d'environ 6 400 kilomètres de frontières terrestres.
Un fléau qui touche plus de trois millions de personnes
Selon des chiffres attribués à l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), l'Algérie comptait en 2024 plus de trois millions de toxicomanes. Ce chiffre illustre l'ampleur du phénomène dans le pays.
La création de cette prison de haute sécurité et de l'organisme spécialisé s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le narcotrafic, alors que l'Algérie cherche à renforcer le contrôle de ses frontières et à endiguer la consommation de stupéfiants sur son territoire.



