L'économie algérienne reste dépendante des hydrocarbures
Algérie : économie toujours extractiviste

L'économie algérienne reste structurellement dépendante des hydrocarbures, selon un rapport publié le 29 juin 2026 par le Centre d'études et de recherches sur le développement international (CERDI). Malgré les annonces répétées de réformes, le pays n'a pas réussi à diversifier son tissu productif et continue de reposer sur le secteur des hydrocarbures, qui représente 93 % des exportations totales et 60 % des recettes budgétaires.

Un modèle extractiviste inchangé

Le rapport souligne que la part des hydrocarbures dans le PIB algérien est restée stable autour de 30 % depuis 2015. Les secteurs non pétroliers, comme l'agriculture, l'industrie manufacturière et les services, n'ont pas réussi à prendre le relais. Selon les auteurs, « la rente pétrolière a eu un effet d'éviction sur les autres activités économiques, en particulier sur le secteur privé hors hydrocarbures ».

L'investissement dans les énergies renouvelables, bien qu'annoncé comme une priorité, ne représente que 2 % du budget national. Les projets de centrales solaires et éoliennes sont régulièrement retardés, faute de financements et de volonté politique.

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Des réformes insuffisantes

Le gouvernement algérien a mis en place plusieurs plans de diversification depuis 2020, notamment le Plan de relance économique (PRE) doté de 15 milliards de dollars. Cependant, le rapport estime que ces mesures ont eu un impact limité. « Les réformes structurelles, comme la libéralisation du commerce ou la privatisation des entreprises publiques, sont restées lettre morte », indique le document.

Le secteur bancaire, dominé par des banques publiques, n'a pas accru le crédit aux PME non pétrolières. Le taux de pénétration bancaire demeure faible (40 % de la population adulte), limitant l'accès au financement pour les entrepreneurs.

Conséquences sociales et économiques

Cette dépendance expose l'Algérie aux fluctuations des prix du pétrole. En 2025, la baisse du baril à 60 dollars a creusé le déficit budgétaire à 12 % du PIB. Le chômage des jeunes atteint 30 %, et le taux de pauvreté est remonté à 8 % après avoir baissé pendant la décennie 2010.

Selon le rapport, « la poursuite du modèle extractiviste compromet la soutenabilité budgétaire et sociale du pays ». Les auteurs recommandent une réforme en profondeur du système fiscal, une amélioration du climat des affaires et un soutien accru aux filières agricoles et industrielles locales.

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