Abelardo de la Espriella, avocat antisystème de 47 ans, multimillionnaire et admirateur de Donald Trump, a été élu président de la Colombie ce dimanche 21 juin 2026, mettant fin à quatre années de pouvoir de gauche. Avec 49,7 % des suffrages, il devance d'un seul point le candidat de gauche Ivan Cepeda, dans un scrutin marqué par une forte polarisation.
Une victoire étroite et des violences post-électorales
Dès l'annonce des résultats, des rassemblements contre la victoire de l'extrême-droite ont éclaté dans plusieurs villes, entraînant des affrontements. Ivan Cepeda a lancé ce lundi 22 juin un appel au calme, alors que les forces de l'ordre tentent de maîtriser la situation. De la Espriella, s'adressant à ses partisans depuis une cabine blindée à Barranquilla, a promis une « nouvelle ère » pour le pays.
Un parcours d'homme d'affaires et d'avocat
Né en 1979, Abelardo de la Espriella est un avocat et homme d'affaires qui a fait fortune dans le secteur minier et énergétique. Proche des milieux conservateurs américains, il a ouvertement affiché son admiration pour Donald Trump, dont il reprend les thèmes de campagne : lutte contre le « système », défense des valeurs traditionnelles et fermeté sécuritaire. Sa candidature a bénéficié d'un soutien implicite des États-Unis, selon plusieurs analystes.
Un programme sécuritaire et économique radical
De la Espriella a bâti sa campagne sur la promesse de rétablir l'ordre face à la violence des groupes armés, qui frappe particulièrement les zones rurales. Il propose une militarisation accrue des régions contrôlées par les guérillas et les cartels, ainsi qu'une réduction des impôts pour les entreprises. Sur le plan social, il s'oppose à l'avortement et aux droits des personnes LGBTQ+, s'alignant sur les positions de la droite religieuse.
Les défis d'une présidence d'extrême-droite
Le nouveau président devra faire face à une opposition déterminée, alors que la gauche conserve une forte base électorale. Les violences post-électorales témoignent des tensions qui traversent la société colombienne. Par ailleurs, la communauté internationale observe avec attention les premières mesures de son gouvernement, notamment en matière de droits humains et de paix. La Colombie, qui sortait d'un processus de paix fragile avec les FARC, pourrait voir ces acquis remis en question.



