Plus de 800 scientifiques, dont des astrophysiciens, ingénieurs et chercheurs, ont signé une tribune publiée dans Le Monde le 2 juillet 2026 pour dénoncer les coupes budgétaires affectant le Centre national d'études spatiales (CNES). Ils estiment que ces réductions mettent en péril l'indépendance spatiale de la France et sa capacité à mener des missions d'envergure.
Des coupes drastiques dans le budget spatial
Selon la tribune, le budget du CNES a été réduit de 15 % pour l'année 2026, soit une perte de 350 millions d'euros par rapport à l'année précédente. Cette coupe affecte directement plusieurs programmes phares, notamment le développement du lanceur Ariane 6, les missions d'observation de la Terre et les projets d'exploration scientifique. Les signataires soulignent que ces réductions surviennent alors que la concurrence internationale s'intensifie, avec des investissements massifs de la part des États-Unis, de la Chine et de l'Inde.
Un appel à la mobilisation
La tribune, intitulée "Pour un espace français et européen souverain", appelle le gouvernement à revenir sur ces coupes et à garantir un financement stable et prévisible pour le CNES. "Le spatial est un secteur stratégique pour notre souveraineté, notre sécurité et notre économie", écrivent les scientifiques. "Ces coupes budgétaires compromettent des décennies d'investissements et de compétences."
Des conséquences concrètes
Parmi les projets menacés, la mission franco-chinoise SVOM, destinée à étudier les sursauts gamma, pourrait être reportée. De même, le programme de satellites d'observation SWOT, développé avec la NASA, risque de voir ses capacités réduites. Les scientifiques alertent également sur l'impact à long terme sur la formation des jeunes chercheurs et le maintien des compétences en France.
Réactions et enjeux
Le CNES, interrogé par Libération, n'a pas souhaité commenter directement la tribune mais a rappelé que les arbitrages budgétaires sont en cours. De son côté, le ministère de l'Économie a indiqué que ces coupes s'inscrivent dans un effort global de réduction des dépenses publiques, sans pour autant détailler les conséquences pour le spatial. Les signataires de la tribune espèrent que cette mobilisation poussera le gouvernement à reconsidérer sa position avant le vote du budget en septembre.



