Irene Pereira : former les jeunes à défendre les droits humains et l'environnement
Irene Pereira : former les jeunes à défendre les droits et l'environnement

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 25 août 2026, la philosophe Irene Pereira s'interroge sur la mobilisation des jeunes en faveur des droits humains et de l'environnement. Elle constate un paradoxe : la société souhaite que les jeunes se mobilisent, mais le système éducatif ne les prépare qu'à voter, et non à devenir des défenseurs des droits humains et environnementaux. Cette lacune, selon elle, limite leur capacité à agir concrètement pour ces causes.

Une critique du système éducatif actuel

Irene Pereira, philosophe et maîtresse de conférences, pointe du doigt l'éducation civique telle qu'elle est enseignée. Elle estime que l'accent est mis quasi exclusivement sur l'apprentissage du vote, considéré comme le seul acte citoyen légitime. Or, cette approche occulte d'autres formes d'engagement, comme la désobéissance civile, les actions de plaidoyer ou la participation à des associations de défense des droits.

La philosophe souligne que les jeunes sont souvent encouragés à s'engager, mais sans recevoir les outils théoriques et pratiques nécessaires. Ils ignorent par exemple comment interpeller les élus, comment utiliser les recours juridiques, ou comment construire des campagnes de sensibilisation. Cette absence de formation les rend dépendants des adultes ou des organisations, et limite leur autonomie d'action.

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Des exemples concrets de mobilisation réussie

Pour illustrer son propos, Irene Pereira évoque des exemples de mobilisations récentes, comme les marches pour le climat ou les actions de défense des droits des migrants. Elle note que ces mouvements sont souvent portés par des jeunes, mais que leur impact est limité par un manque de structuration et de connaissances juridiques. Elle cite notamment le cas de jeunes militants qui ont été confrontés à des difficultés juridiques faute de connaître leurs droits.

La philosophe insiste sur le fait que la formation à la défense des droits humains et environnementaux ne doit pas être réservée à une élite. Elle devrait être accessible à tous, dès le plus jeune âge, à travers des programmes scolaires adaptés. Elle propose notamment d'intégrer des modules sur les droits humains, le droit de l'environnement et les techniques de plaidoyer dans les programmes d'enseignement moral et civique.

Une transformation nécessaire de l'éducation

Irene Pereira appelle à une refonte de l'éducation civique, qui ne se limiterait plus à l'apprentissage des institutions et du vote. Elle plaide pour une éducation à l'engagement, qui formerait les jeunes à devenir des acteurs de changement. Cette éducation devrait inclure une dimension pratique, avec des projets concrets menés en classe ou dans le cadre d'activités extrascolaires.

Selon elle, cette transformation est essentielle pour répondre aux défis contemporains, comme le changement climatique ou la montée des inégalités. Les jeunes doivent être outillés pour défendre leurs droits et ceux des autres, mais aussi pour protéger l'environnement. Sans cette formation, la mobilisation risque de rester superficielle et de s'essouffler rapidement.

La philosophe conclut en soulignant que la responsabilité incombe aux adultes, aux enseignants et aux décideurs politiques. Il ne suffit pas de souhaiter que les jeunes se mobilisent ; il faut leur en donner les moyens. Cela passe par une réforme de l'éducation, mais aussi par un soutien financier et logistique aux initiatives citoyennes portées par les jeunes. L'enjeu est de taille : former une génération de défenseurs des droits humains et environnementaux, capables de peser sur les décisions publiques et de construire un avenir durable.

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