Gendarmerie et acteurs locaux unis face à l'afflux touristique à Auron
Gendarmerie et acteurs locaux unis face à l'afflux à Auron

À Auron, la mairie a mis à disposition un local pour accueillir la brigade avancée de gendarmerie durant les mois d'été. Ces militaires, venus renforcer la surveillance, sillonnent l'arrière-pays, organisent la prévention et travaillent main dans la main avec l'ensemble des acteurs locaux. Une nécessité face à des flux de visiteurs de plus en plus importants en montagne.

Une brigade avancée pour une présence renforcée

Installés dans la station du 3 juillet au 30 août, quatre personnes, dont trois réservistes, composent cette équipe qui travaille de jour comme de nuit. L'adjudant-chef Sylvain Guibot, qui commande la COB (Communauté de brigades) de Saint-Étienne-de-Tinée, précise : « Nous sommes d'astreinte 24 heures/24 et 7 J/7. On peut être appelés à minuit pour un tapage, rentrer à une heure, repartir à 3 heures du matin pour une rixe dans une autre commune et être au bureau le lendemain matin pour accueillir le public. »

Le chef d'escadron Joseph Fraigneaud, à la tête de la compagnie départementale de gendarmerie de Puget-Théniers depuis trois ans, souligne : « On a un afflux de population important. La gendarmerie adapte son dispositif pour être au plus près de la population. » Il ajoute que les stations étant reculées, sans ces dispositifs, les délais de route peuvent être importants : 15 minutes depuis Auron pour la brigade, mais jusqu'à plus de 45 minutes pour Isola 2000.

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Une attractivité croissante et de nouvelles pratiques

Colette Fabron, maire de Saint-Étienne-de-Tinée, se réjouit de cette affluence : « Cette année, le mois de juillet est resté stable avec une belle affluence les week-ends, mais le mois d'août est exceptionnel ! » Ce succès s'explique par la recherche de fraîcheur face aux fortes chaleurs du littoral, mais aussi par le développement d'activités variées. Pyter Charleux, garde champêtre et chef de centre de la caserne des pompiers, constate « un boom de vélos électriques qui permettent à des gens non sportifs d'accéder à la haute montagne », avec jusqu'à 100 km d'autonomie, drainant un nouveau public nécessitant plus de surveillance.

Une coopération étroite pour la sécurité et la prévention

Face à cette foule estivale, les acteurs locaux s'adaptent. La gendarmerie accompagne les organisateurs d'événements comme les Festins, qui connaissent un regain de popularité. L'adjudant-chef Guibot explique : « Ça va de la réglementation sur l'alcool au plan Vigipirate pour éviter toute intrusion de véhicule dans la foule. » Il ajoute : « Il y a aussi une activité judiciaire qui ne s'arrête pas en montagne : des tapages, des rixes, et parfois des violences intrafamiliales. La politique judiciaire est la même ici que sur le littoral. » Le commandant Fraigneaud abonde : « Les grands sujets, c'est l'usage de stupéfiants, l'usage d'alcool à outrance, et l'utilisation de protoxyde d'azote qui commence à apparaître de plus en plus. »

L'autre grand défi est l'impréparation des vacanciers. L'adjudant Bugeaud alerte : « On voit un boom de la randonnée avec les réseaux sociaux, mais les gens montent parfois en claquettes ou en baskets légères sans regarder la météo. Ils se retrouvent parfois coincés par un orage ou du brouillard. » Les gendarmes misent sur la sensibilisation : « Nous faisons beaucoup de prévention sur les feux de forêt et le camping sauvage. On utilise désormais des VTT électriques, mis à disposition par la mairie, pour patrouiller sur les sentiers inaccessibles en 4x4 et aller au contact des randonneurs. »

Un partenariat qui s'élargit aux enjeux environnementaux

Ce partenariat prend une dimension particulière autour des enjeux écologiques. Le commandant Fraigneaud souligne : « Il y a un enjeu environnemental qui est assez fort à Auron, parce qu'on est très proche du parc du Mercantour. La protection de la biodiversité est une activité croissante dans nos prérogatives. Nous y sommes formés et nous faisons cela en partenariat avec l'Office français de la biodiversité. » Contrôles sonomètres pour les motos dans les zones du parc, connaissance des procédures spécifiques d'atteinte à l'environnement : l'intérêt pour ces problématiques va croissant.

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Cette efficacité repose sur un maillage serré entre les institutions. L'adjudant-chef Guibot explique : « Que ce soit avec les agents du Parc National du Mercantour, les élus ou les commerçants, nous travaillons en réseau. Cette présence rassure et permet d'anticiper les troubles. » Chaque fin de saison, le commandant Fraigneaud analyse le dispositif : « Je mesure le taux de plainte et le taux d'intervention en vue de le faire évoluer si besoin. C'est vraiment une recherche d'adaptation permanente. D'année en année, il n'y a pas eu un dispositif exactement pareil sur le département, nous cherchons constamment à adapter la réponse opérationnelle aux besoins. »