Santé publique France publie une étude rassurante sur la morbidité autour du bassin industriel de Lacq
Étude sur la santé autour du bassin de Lacq : des résultats rassurants

Une étude de Santé publique France livre des conclusions rassurantes sur la santé des riverains de Lacq

Les résultats de l'étude écologique de morbidité menée durant quatorze ans auprès de la population riveraine du bassin industriel de Lacq, en Béarn, viennent d'être publiés. Santé publique France, l'agence nationale de santé publique, qualifie ces conclusions de « globalement rassurantes ». Cette vaste enquête, qui a mobilisé des ressources considérables de 2010 à 2023, couvre une zone étendue comprenant pas moins de 99 communes, touchant ainsi plus de 100 000 habitants, précisément 104 595 personnes selon les données de l'Insee de 2015.

Un travail scientifique approfondi mais aux limites reconnues

Ce nouveau rapport, dévoilé fin mars 2026, s'inscrit dans une série d'études précédentes sur la région. Une analyse du contexte local avait été publiée en mai 2019, suivie d'une étude écologique de mortalité en novembre 2021. L'objectif principal de cette dernière investigation était d'évaluer l'impact potentiel de l'activité industrielle sur la santé des populations locales. Pour ce faire, les chercheurs ont examiné « l'incidence ou la prévalence » de plusieurs pathologies spécifiques.

Les maladies étudiées comprenaient notamment les affections respiratoires telles que l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive, les troubles cardio-neuro-vasculaires, le diabète traité, les pathologies thyroïdiennes, la morbidité périnatale, les troubles du spectre autistique ainsi que les cancers pédiatriques. Cependant, le rapport, qui s'étend sur une soixantaine de pages, a volontairement exclu certaines catégories de maladies.

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Les pathologies digestives et celles du système nerveux ont été omises, principalement en raison de l'absence actuelle de données spécifiques sur ces sujets. Plus significativement, les cancers de l'adulte n'ont pas été pris en compte, car aucun registre couvrant la zone d'étude n'était disponible pour permettre une analyse fiable.

Des résultats surprenants avec des sous-morbidités notables

Malgré ces exclusions, les conclusions de l'étude sont encourageantes. Les chercheurs n'ont observé « aucun excès significatif de morbidité » parmi la population riveraine. Plus étonnant encore, l'étude note même « des sous-morbidités notables par rapport à la population de référence », c'est-à-dire par rapport aux données de la région Nouvelle-Aquitaine.

Cette observation suggère que pour certaines pathologies, les taux de maladie sont inférieurs à ceux attendus dans la population générale de la région. Ces résultats positifs doivent cependant être interprétés avec prudence, car les auteurs reconnaissent ouvertement les limites méthodologiques de leur travail.

Les limites de l'étude et les perspectives futures

Le rapport scientifique ne prétend pas faire autorité absolue et présente plusieurs « limites » et « biais » clairement exposés dans ses conclusions. Les chercheurs soulignent que leur travail « ne permet pas de conclure sur un lien de causalité entre une exposition et la survenue des maladies ».

Cette étude écologique de morbidité, tout comme celle sur la mortalité publiée précédemment, a avant tout une visée exploratoire. Ses résultats seront confrontés à ceux d'une étude participative de santé actuellement en cours, qui porte sur un échantillon de 2 000 personnes résidant dans la zone d'étude de Lacq.

L'ensemble des conclusions sera présenté à un « comité d'experts en santé environnement externe à Santé publique France », avec pour objectif de formuler des préconisations futures pour le bassin industriel. Cette démarche démontre l'importance accordée à la santé environnementale dans cette région.

La question sensible des salariés du bassin industriel

Un aspect important mérite d'être souligné : le panel d'études lancé par Santé publique France ne prend pas en compte les salariés travaillant directement dans le bassin industriel de Lacq. Cette exclusion limite la portée globale des conclusions, car les travailleurs pourraient être exposés à des risques différents de ceux des riverains.

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Cependant, l'étude sur le contexte local mentionne les observations de la médecine du travail et des syndicats. Ces témoignages figurent dans le rapport sur la morbidité et rapportent des perceptions différentes de la réalité sanitaire. Les médecins interrogés évoquaient un excès perçu de pathologies variées, incluant des troubles respiratoires, digestifs, hématologiques et thyroïdiens, avec des niveaux de gravité allant de la rhinite allergique aux cancers.

Les syndicats et les médecins du travail percevaient quant à eux un excès de tumeurs solides et de leucémies chez les salariés du bassin industriel. Ils signalaient également une sous-déclaration des pathologies par les travailleurs eux-mêmes, qui craignaient de perdre leur emploi en révélant des problèmes de santé.

Cette divergence entre les données scientifiques et les perceptions sur le terrain souligne la complexité de l'évaluation des impacts sanitaires des activités industrielles. Elle met en lumière la nécessité de poursuivre les investigations et d'intégrer différentes sources d'information pour obtenir une vision complète de la situation.