Alors que le monde se prépare à observer l'éclipse du 12 août, quasi totale en France, les astronomes annoncent déjà un événement exceptionnel : un cycle de trois éclipses visibles depuis l'Hexagone en moins de deux ans. Après celle de cet été, la Lune s'interposera à nouveau entre le Soleil et la Terre le 2 août 2027 et le 26 janvier 2028. Un enchaînement « assez historique », selon Olivier Las Vergnas, président de l'Association française d'astronomie (AFA).
Un alignement rare
Les éclipses se produisent « à peu près tous les six mois » en raison de l'alignement régulier de la Terre, de la Lune et du Soleil, mais « l'endroit où l'ombre de la Lune se projette sur la Terre change en raison du déplacement de [notre planète] autour du Soleil », explique l'astronome. Ce ne sont donc pas les éclipses en elles-mêmes qui sont rares, mais le fait que plusieurs soient visibles depuis le même endroit en très peu de temps.
« L'éclipse du siècle » en 2027
L'éclipse du 2 août 2027, totale en Afrique du Nord et dans le sud de l'Espagne, a une particularité : « Elle sera longue et atteindra, sur l'axe de totalité, quasiment le maximum possible pour une éclipse », qui est de sept minutes, pose le président de l'AFA. À certains endroits, le Soleil sera totalement masqué pendant six minutes et vingt-trois secondes, ce qui en fait la deuxième plus longue éclipse totale du XXIe siècle et la plus longue sur des terres facilement accessibles. Cette durée très rare a conduit Alain Cirou, chargé de mission éclipse pour l'AFA, à qualifier cet événement d'« éclipse du siècle » lors de la conférence de presse dédiée à ces phénomènes en avril.
En France, l'éclipse ne sera pas totale : le Soleil ne sera masqué qu'à 51,3 % dans le centre de Paris et à plus de 75 % au sud de Perpignan, zone la plus proche de la bande de totalité. Les Français verront ainsi « la Lune commencer à manger le Soleil, en recouvrir 50 % [à Paris] en diamètre puis ressortir de l'autre côté », détaille Olivier Las Vergnas. Un spectacle qui vaut la peine : « Ce n'est pas du tout la même émotion qu'une éclipse totale, mais c'est un phénomène qui est quand même étonnant », se réjouit l'astronome.
Un anneau pour commencer 2028
L'éclipse du 26 janvier 2028 est l'autre phénomène qu'il ne faut « absolument pas manquer » pour le président de l'AFA. Cette éclipse, totale en Guyane française et partielle en métropole, est d'un « autre registre » : elle sera annulaire, c'est-à-dire que le Soleil ne sera pas recouvert entièrement et apparaîtra derrière la Lune comme un anneau lumineux, fin et net. Ce phénomène se produit car la Lune « ne tourne pas rond autour de la Terre », explique notre expert, sa distance avec notre planète variant entre environ 350 000 et 400 000 km. « Il y a donc une variation du diamètre apparent, et quand elle est plus loin, elle ne recouvre pas le Soleil », complète-t-il.
Pour les chanceux qui assisteront à l'éclipse totale, dans le nord de l'Amérique du Sud et une partie du Portugal et de l'Espagne, le phénomène sera « plus rigolo à voir mais moins émouvant » qu'une éclipse classique, « car il n'y aura pas la nuit en plein jour », estime Olivier Las Vergnas. Ailleurs, y compris en France où elle sera partielle de 60 à 80 %, le spectacle sera le même que lors d'une éclipse partielle. « C'est absolument impossible, même pour un habitué, de dire que c'est une éclipse partielle liée à une annulaire, on est incapables de faire la différence entre les deux », précise l'astronome.
Des lunettes, encore des lunettes
Pour observer toutes ces éclipses, un seul impératif à respecter : utiliser des lunettes de protection adaptées, répondant à la norme internationale ISO 12312-2 : 2015. Si ces équipements, très réglementés, imposent une date limite d'utilisation, les paires fournies pour l'éclipse du 12 août seront en principe également indiquées pour les deux suivantes. Vous pourrez donc les utiliser plusieurs fois, à condition qu'elles ne soient pas pliées, rayées, trouées et qu'elles aient été emballées entre chaque utilisation.
Il faut donc les conserver correctement : dans un étui (une enveloppe kraft fait très bien l'affaire), si possible à plat pour éviter le moindre pli et dans un endroit propre et sec, pour les protéger de la poussière qui ferait des rayures. Dans ces conditions, « elles ne s'abîment pas », rassure Olivier Las Vergnas. Il est aussi déconseillé d'utiliser des lunettes de l'éclipse de 1999. « Il n'y a pas de risque intrinsèque, mais le problème de la conservation peut vraiment se poser », alerte le président de l'AFA.
Des équipements à avoir absolument pour ne rien manquer des trois éclipses à venir, qui promettent de nous en mettre plein la vue. Un spectacle dont il faudra profiter : si des éclipses partielles sont visibles en France métropolitaine « statistiquement tous les deux/trois ans », la prochaine éclipse totale visible depuis l'Hexagone aura lieu en… 2081. La Guyane française sera plus chanceuse, avec un phénomène total en 2045, partiel à plus de 90 % aux Antilles. Vous avez le temps de vous organiser pour ne pas éclipser la date.



