Télescope Roman : top départ pour un nouvel atlas de l'Univers
Roman : top départ pour un nouvel atlas de l'Univers

Le télescope spatial romain de la NASA, destiné à établir un nouvel atlas de l'Univers, a décollé samedi depuis Cap Canaveral, en Floride. Ce lancement marque le début d'une mission qui doit durer cinq ans et qui vise à percer les mystères de l'énergie noire, cette force mystérieuse qui accélère l'expansion de l'Univers.

Un décollage réussi pour une mission ambitieuse

Le télescope, baptisé Roman en hommage à Nancy Grace Roman, la première femme à occuper un poste de direction à la NASA, a été lancé à bord d'une fusée Falcon Heavy de SpaceX. Le décollage s'est déroulé depuis le complexe de lancement 39A du Kennedy Space Center, à Cap Canaveral, à 7h04 heure locale (13h04 à Paris).

La NASA a confirmé que le télescope s'était séparé de la fusée environ 1h30 après le lancement, puis avait déployé ses panneaux solaires. Les équipes au sol ont ensuite établi une communication stable avec l'engin, qui a entamé son voyage vers le point de Lagrange L2, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre.

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Un atlas de l'Univers en trois dimensions

Roman est équipé d'un miroir primaire de 2,4 mètres de diamètre, comparable à celui du télescope Hubble, mais son champ de vision est 100 fois plus large. Cette capacité lui permettra de cartographier des centaines de millions de galaxies et d'observer des milliers de supernovae, ces explosions d'étoiles qui servent de chandelles standard pour mesurer les distances cosmiques.

Les données collectées devraient permettre aux scientifiques de mieux comprendre la nature de l'énergie noire, qui représenterait environ 68 % de l'énergie totale de l'Univers. Le télescope observera également la matière noire, qui constituerait 27 % de l'Univers, en mesurant la distorsion de la lumière émise par les galaxies, un effet appelé lentille gravitationnelle faible.

Outre cet atlas cosmique, Roman sera utilisé pour étudier les exoplanètes, notamment par la technique du microlentillage gravitationnel, qui permet de détecter des planètes de la masse de la Terre. Le télescope pourra aussi observer les disques de poussière autour des jeunes étoiles, fournissant des indices sur la formation des systèmes planétaires.

Une collaboration internationale

La mission Roman est le fruit d'une collaboration entre la NASA et d'autres agences spatiales, dont le Centre national d'études spatiales (CNES) français, qui a fourni un instrument clé : le coronographe. Cet outil, conçu pour bloquer la lumière des étoiles, permettra de photographier directement des exoplanètes géantes gazeuses.

Les données recueillies seront mises à la disposition de la communauté scientifique mondiale, et les premières observations sont attendues dans environ six mois, après une phase de calibration et de tests. Les astronomes espèrent que Roman révélera des surprises sur l'évolution de l'Univers, tout en complétant les observations des télescopes James Webb et Euclid, ce dernier ayant été lancé en 2023 par l'Agence spatiale européenne.

La mission, dont le coût est estimé à environ 3,9 milliards de dollars, représente un investissement majeur pour l'astronomie. Ses résultats pourraient redéfinir notre compréhension de la cosmologie et ouvrir de nouvelles pistes pour la recherche en physique fondamentale.

Le télescope Roman est désormais en route vers son poste d'observation, où il commencera à scruter l'Univers dans le but de dresser la carte la plus détaillée jamais réalisée. Les premières données, attendues dans les prochains mois, permettront aux scientifiques de tester les modèles théoriques de l'énergie noire et de la matière noire, et peut-être de découvrir des phénomènes inattendus.

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