Plus de 450 000 signatures ont été recueillies par la pétition « Pas de fusils sur les cendres », lancée sur change.org. Les associations de protection de la faune sauvage multiplient les actions – pétitions, communiqués de presse, lettres recommandées – pour réclamer un report, une suspension ou un moratoire de la chasse dans les zones du Var touchées par les incendies, mais aussi par les canicules et la sécheresse, conséquences du réchauffement climatique d'origine humaine.
La LPO demande le report de la chasse au gibier d'eau
La Ligue de protection des oiseaux (LPO) a adressé un communiqué daté du mardi 18 août 2026, demandant le report de l'ouverture de la chasse au gibier d'eau, prévue ce vendredi 21 août, à l'ouverture générale du 13 septembre. « Face à l’assèchement des zones humides, explique la Ligue, les oiseaux d’eau et les premiers migrateurs se concentrent aujourd’hui sur les derniers sites encore favorables. »
Anaël Marchas, responsable de la médiation juridique pour la LPO Paca, précise que parmi ces « sites encore favorables » se trouvent « les zones chassées, dont les niveaux d’eau sont maîtrisés ». Dans ces secteurs se concentrent à la fois les espèces chassées – principalement des canards et des petits échassiers – et des espèces protégées, comme les hérons, les aigrettes ou les flamants roses. « Les individus doivent pouvoir bénéficier de conditions de quiétude suffisantes pour faire face aux épisodes de chaleur et poursuivre leur migration dans les meilleures conditions possibles », indique le communiqué. Anaël Marchas ajoute : « La chasse est une pression supplémentaire sur laquelle on peut agir, contrairement à celle exercée par la situation climatique. »
L'Aspas réclame une suspension auprès de 44 préfets
L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a adressé un courrier recommandé le lundi 17 août à quarante-quatre préfets, dont Simon Babre, représentant de l'État dans le Var. L'association réclame une suspension de la chasse « tant que la situation climatique reste critique ». Elle s'appuie sur l'article R424-3 du Code de l'environnement, qui autorise un préfet à suspendre la chasse pendant dix jours renouvelables en cas de calamité, d'incendie, d'inondation ou de gel prolongé. L'Aspas souhaite que la sécheresse et la canicule soient incluses dans les motifs de suspension, afin que la faune sauvage ne subisse pas une « double peine ».
Interrogée, la préfecture du Var indique seulement qu'un arrêté est en cours de rédaction. Il devrait prévoir l'interdiction de la chasse dans les zones boisées brûlées, en dehors des battues au sanglier. Les services de l'État dans le Var ne se prononcent pas, pour le moment, sur la canicule et la sécheresse. Le Var a été placé en vigilance canicule orange du 31 juillet au 17 août, tandis que 102 des 153 communes varoises sont actuellement en alerte sécheresse, dont 12 en alerte renforcée.
Les chasseurs varois rejettent les critiques
Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var, réagit vivement aux demandes des associations. « C’est nous qui sommes sur le terrain et on a droit aux leçons ! » s'exclame-t-il. « On ne les a pas attendues pour nous occuper de la biodiversité, on le fait depuis des années ! » Il rappelle qu'après l'incendie de Gonfaron, qui avait ravagé près de 7 000 hectares de garrigue et de forêt en août 2021, les chasseurs avaient laissé le temps à la nature de se régénérer. Laurent Faudon insiste : « J’ai été contacté par le préfet afin que nous établissions ensemble l’arrêté d’interdiction. »
Le président de la fédération estime qu'une dérogation pour le grand gibier est « nécessaire », car ces animaux, privés de zones de subsistance après le passage du feu, causent d'importants dommages aux cultures et aux exploitations agricoles. « Des dommages qui doivent être remboursés par les chasseurs ! » martèle-t-il. « Le monde agricole et le monde de la chasse fonctionnent ensemble : nous l’avons tous montré par nos actions au cours de la lutte contre les flammes. »
Concernant la sécheresse, Laurent Faudon ne la nie pas et indique que la Fédération départementale des chasseurs du Var apporte de l'eau aux animaux partout sur le territoire : « Nous avons près de 4 000 points d’eau ! » Il conclut : « Pour ces associations, tout ça, c’est encore une excuse pour taper sur les chasseurs… »



