Une étude récente publiée dans la revue Environmental Science & Technology a mis en lumière une source inattendue de pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) : les pompes à chaleur et les systèmes de climatisation. Selon cette recherche, ces équipements seraient la première source d'émissions de PFAS en Europe, dépassant même les industries chimiques traditionnellement pointées du doigt.
Des résultats alarmants
Les scientifiques ont analysé les données d'émissions de PFAS provenant de diverses sources industrielles et domestiques à travers le continent. Ils ont découvert que les fluides frigorigènes utilisés dans les pompes à chaleur et les climatiseurs libèrent des quantités significatives de ces composés chimiques persistants dans l'environnement. Les PFAS, surnommés "polluants éternels" en raison de leur résistance à la dégradation, sont associés à de nombreux problèmes de santé, notamment des cancers, des troubles thyroïdiens et des effets sur le système immunitaire.
Une croissance exponentielle des équipements
L'étude souligne que le nombre de pompes à chaleur installées en Europe a augmenté de façon exponentielle ces dernières années, porté par les politiques de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette croissance s'accompagne d'une hausse des émissions de PFAS, car les systèmes de chauffage et de refroidissement utilisent souvent des fluides frigorigènes contenant ces substances. Les chercheurs estiment que les émissions de PFAS liées à ces équipements pourraient augmenter de 50 % d'ici 2030 si aucune mesure n'est prise.
Un défi pour les politiques environnementales
Cette découverte pose un défi de taille pour les décideurs politiques. D'un côté, les pompes à chaleur sont essentielles pour atteindre les objectifs climatiques de l'Union européenne, car elles permettent de réduire la dépendance aux combustibles fossiles. De l'autre, leur utilisation contribue à la pollution aux PFAS, qui contamine les sols, les eaux et les organismes vivants. Les auteurs de l'étude appellent à une régulation plus stricte des fluides frigorigènes et à un développement accéléré d'alternatives sans PFAS.
Des solutions existent-elles ?
Certains fabricants commencent à proposer des pompes à chaleur utilisant des fluides frigorigènes naturels, comme le propane ou le CO2, qui n'émettent pas de PFAS. Cependant, ces technologies restent minoritaires et leur déploiement à grande échelle nécessite des investissements et des incitations politiques. L'étude recommande également un meilleur recyclage des fluides en fin de vie des équipements pour limiter les fuites.
En attendant, les consommateurs peuvent se tourner vers des appareils certifiés sans PFAS ou opter pour des systèmes de chauffage alternatifs. Mais pour les experts, la solution passe par une action coordonnée au niveau européen, incluant des normes strictes et un suivi des émissions.



