Un an après la crise de l'eau potable, les élus ardennais réclament des comptes
En juillet 2025, une grave contamination des sols aux PFAS, ces substances surnommées « polluants éternels », avait rendu l'eau non potable dans plusieurs villages des Ardennes. Près d'un an plus tard, les responsables des six communes touchées – Malandry, Milly, Ferté-sur-Chiers, Blagny, Linay et Haraucourt, situées entre les Ardennes et la Meuse – entendent déterminer avec précision les responsabilités de chacun dans ce scandale environnemental, comme le rapporte Ici Champagne-Ardennes.
Un déni environnemental et sanitaire dénoncé
« Il y a un déni du scandale environnemental et il y a un déni au niveau sanitaire », affirme avec force Annick Dufils, la maire de Malandry. Selon une enquête approfondie menée par France 3 Champagne-Ardenne et Disclose et publiée en février, un lien direct a été établi entre cette pollution aux PFAS et l'épandage de boues issues de la papeterie de Stenay, située dans le département voisin de la Meuse. Cette révélation a jeté une lumière crue sur les origines de la contamination.
Des alertes ignorées depuis des années
Annick Dufils souligne avec amertume que des recherches sur ces polluants persistants étaient déjà effectuées dans l'eau dès 2012, comme en témoigne « un graphique qui remonte à 2016 sur la commune de la Ferté-sur-Chiers ». Elle s'interroge publiquement : « Pourquoi l'État a laissé passer neuf ans avant de nous informer de la dangerosité des polluants éternels ? » L'élue assure avoir alerté à plusieurs reprises les autorités sanitaires pour réclamer un « suivi épidémiologique » des populations exposées, mais sans succès.
« On nous répond, “ce n'est pas assez important, vous n'êtes pas assez nombreux”. Dans la ruralité on nous classe comme sous-citoyens. On est sacrifiés », déplore-t-elle, exprimant un sentiment d'abandon et d'injustice face à la gestion de cette crise sanitaire.
Une situation toujours critique pour cinq communes
Aujourd'hui, la situation reste préoccupante. Cinq communes sur les treize officiellement reconnues comme affectées par la pollution aux PFAS sont toujours soumises à un arrêté préfectoral qui interdit strictement de consommer l'eau du robinet, comme le confirme Franceinfo. Cette mesure restrictive, bien que nécessaire pour la santé publique, pèse lourdement sur le quotidien des habitants et souligne la persistance du problème.
Les élus locaux, unis dans leur démarche, exigent désormais des réponses claires et des actions concrètes pour assurer la sécurité sanitaire de leurs administrés et prévenir de futures contaminations. Leur combat met en lumière les défis de la gestion des pollutions industrielles dans les zones rurales et la nécessité d'une transparence accrue de la part des autorités.



