PFAS dans l'eau à Aubord : village en canicule dépend des bouteilles
PFAS à Aubord : l'eau du robinet polluée, village en crise

Depuis le 11 juin 2026, le village d'Aubord, dans le Gard, est confronté à une pollution inédite de son eau potable par les per- et polyfluoroalkylés (PFAS), des polluants éternels potentiellement cancérogènes. En pleine canicule, avec des températures atteignant 34 °C, l'eau du robinet est interdite à la consommation. Les 2 300 habitants dépendent désormais des distributions de bouteilles d'eau minérale organisées par la municipalité.

Une contamination au-dessus du seuil réglementaire

Les analyses de l'Agence régionale de santé d'Occitanie (ARS) révèlent un taux de PFAS de 0,12 microgramme par litre, dépassant la limite réglementaire de 0,10 microgramme. Le maire, André Brundu, précise : "Le taux de PFAS dans l’eau est de 0,12 microgramme par litre, alors que le seuil autorisé est fixé à 0,10 microgramme." En conséquence, l'eau du robinet est impropre à la consommation pour tout le village, et ce jusqu'au retour à la normale prévu en août.

Distribution de bouteilles : un dispositif organisé

Pour pallier cette situation, la mairie a mis en place un système de distribution. Les habitants peuvent retirer deux litres d'eau par jour et par personne à l'atelier des services techniques, lors de trois créneaux hebdomadaires. André Brundu explique : "On distribue deux litres d’eau par jour et par personne. Comme il fait chaud, on peut donner quelques bouteilles supplémentaires." Les personnes vulnérables, au nombre de cinquante, reçoivent une livraison à domicile.

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L'école et le café s'adaptent

Thierry Chambon, directeur de l'école élémentaire d'Aubord depuis vingt-cinq ans, indique : "La mairie nous ravitaille deux fois par semaine en bouteilles d’eau, un dispositif mis en place bien avant l’interdiction de boire l’eau du robinet." Au Café du Progrès, le gérant Christopher Grondin témoigne : "Les deux trois premiers jours c’était compliqué, surtout avec la canicule, mais on s’est adaptés. Ça n’a pas un gros impact sur notre activité." La cafetière reliée à l'eau courante a été remplacée par une machine domestique, et les glaçons sont toujours fabriqués avec l'eau du robinet, une méprise que le personnel a corrigée.

Un coût de 386 787 euros pour un filtre à charbon

Pour résoudre durablement le problème, la municipalité va installer un filtre à charbon sur la pompe communale. Les travaux, d'une durée de cinq à sept semaines, coûteront 386 787 euros hors taxes, financés à près de 80 % par des subventions publiques. Le maire espère un retour à la normale en août.

Des habitants contraints de stocker l'eau

Pierre Chareyron, père de deux jeunes enfants, stocke quarante-deux bouteilles d'un litre et demi dans son garage, soit sa réserve pour une semaine. Il explique : "Il faut boire près de 3 litres par jour car en ce moment il fait très chaud, mais aussi pour cuisiner, se brosser les dents, ou remplir la gamelle du chat." Pour les biberons, il n'utilise que de l'eau en bouteille.

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