Morsure de vipère : les bons réflexes après l'hospitalisation de Manon Aubry
Morsure de vipère : les bons réflexes à adopter

L'eurodéputée LFI Manon Aubry a été hospitalisée après une morsure de vipère, un incident rare mais qui rappelle les bons réflexes à adopter. En France, ces accidents sont exceptionnels et causent en moyenne un décès tous les cinq à dix ans. La médecin de la Fédération française de randonnée (FFR), Catherine Kabani, et l'herpétologue de l'Office national des forêts (ONF), Cédric Baudran, détaillent la conduite à tenir.

Comment éviter une morsure de vipère ?

Avant de partir en randonnée, il est conseillé de se renseigner sur les zones à risque. « Il faut identifier les endroits où on risque de croiser des serpents », souligne Catherine Kabani. Il est recommandé de couvrir ses membres inférieurs et de surveiller où l'on met les pieds. Les bâtons de randonnée peuvent servir à détecter la présence de reptiles.

En France métropolitaine, seules quatre espèces de vipères et neuf de couleuvres sont présentes. Les serpents ne sont pas agressifs : « La première stratégie, c'est le camouflage. On ne va voir qu'une petite partie des serpents présents sur un lieu. Ils se mettent aux endroits où personne ne marche », explique Cédric Baudran. En cas de rencontre, il suffit de les laisser tranquilles.

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Que faire en cas de morsure ?

En cas de morsure, il est essentiel de « prendre une photo pour identifier le serpent et appeler les secours », indique Catherine Kabani. Il faut ensuite rester calme et immobile : « S'allonger, retirer les bracelets et bagues autour de la morsure, et ne rien faire pour augmenter le rythme cardiaque ». Il est également recommandé de désinfecter la plaie et d'éviter les excitants comme le café, la nicotine ou l'alcool.

La surveillance est particulièrement importante si la morsure provient d'une vipère. « En général, on n'y pense pas, mais c'est important pour la suite », ajoute la médecin. Dans la moitié des cas, la morsure est « sèche », c'est-à-dire sans envenimation, précise Cédric Baudran.

Les gestes à proscrire absolument

De nombreuses fausses croyances persistent. « Il ne faut pas utiliser d'aspiration, ni avec la bouche, ni avec un appareil spécial, ça n'aspire rien du tout et ça accélère la diffusion du venin », prévient Catherine Kabani. Il ne faut pas non plus « triturer » la plaie, inciser, brûler, appliquer de la glace ou poser un garrot. Ces gestes sont dangereux et contreproductifs.

En France, toutes les espèces de serpents sont protégées depuis 2021. Blesser, enlever ou tuer un serpent expose à 3 ans de prison et 150 000 euros d'amende. Les serpents jouent un rôle écologique important dans la « régulation des micromammifères », rappelle Cédric Baudran. Leur présence est un indicateur de la santé de l'environnement.

Quelques chiffres sur les morsures en France

En 2016, 369 cas de morsures de serpents terrestres ont été recensés en France, selon l'ARS. 61 % concernaient des vipères, 8 % des couleuvres, et les autres cas n'étaient pas précisés. 90 % des morsures surviennent entre avril et septembre. En cas de morsure sèche, une hospitalisation d'au moins 6 heures est requise pour surveiller l'œdème. À l'échelle mondiale, 5,4 millions de personnes sont mordues chaque année, selon l'OMS. Ces données rappellent l'importance de la prévention et des bons réflexes en cas de rencontre avec un serpent.

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