Everest, la plus haute poubelle du monde : déchets et excréments
Everest, la plus haute poubelle du monde

Un sommet transformé en décharge

À la fois décharge, toilette et cimetière à ciel ouvert : bienvenue sur l’Everest, la plus haute poubelle du monde. Les pentes de ce sommet mythique sont souillées par les déchets des riches touristes, souvent laissés sur place pendant l’ascension. Toiles de tentes, bouteilles d’oxygène ou encore excréments… Nettoyer ce site est un véritable casse-tête pour les autorités népalaises.

Le constat alarmant

« Quand je voyais la montagne de loin, je n’imaginais que la pureté, la blancheur des glaciers. En me rapprochant, j’ai constaté une sorte de décharge à ciel ouvert… » raconte Marion Chaygneaud-Dupuy, guide de trekkeurs sur l’Everest depuis 2011. Cette année-là, elle a été choquée par l’état des lieux. Les déchets s’accumulent à chaque altitude, du camp de base jusqu’au sommet. Les bouteilles d’oxygène vides, les emballages, les tentes abandonnées et même les excréments humains forment un paysage désolant.

Chaque saison, des centaines d’alpinistes tentent l’ascension, laissant derrière eux des tonnes de détritus. En 2026, le nombre de permis délivrés a atteint un record, aggravant la situation. Les autorités népalaises tentent de mettre en place des mesures, comme l’obligation de rapporter ses déchets, mais le contrôle est difficile.

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Un nettoyage titanesque

Des expéditions de nettoyage sont organisées chaque année, mais elles ne suffisent pas. Les équipes doivent redescendre des sacs de déchets, parfois à des altitudes extrêmes. Le coût est élevé et les risques importants. « C’est un travail de fourmi, mais nécessaire », explique un responsable népalais. Malgré les efforts, la montagne reste une poubelle géante.

Le problème dépasse le simple aspect esthétique. Les déchets mettent des décennies à se dégrader, polluent les sols et l’eau. Les excréments, en particulier, posent un risque sanitaire pour les communautés locales en aval. Des solutions innovantes sont envisagées, comme des toilettes portables ou des incitations financières pour les alpinistes qui ramènent leurs déchets.

L’Everest, symbole de dépassement de soi, est devenu le symbole de la surconsommation et du tourisme de masse. Les autorités népalaises appellent à une prise de conscience collective. « Il faut que chacun se sente responsable », insiste Marion Chaygneaud-Dupuy. En attendant, la plus haute poubelle du monde continue de grandir.

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