À Nîmes, des écoles subissent de plein fouet une canicule précoce
Ce jeudi 28 mai, les thermomètres nîmois affichaient 36 degrés à l'ombre, plongeant les établissements scolaires dans une situation difficile. À l'école élémentaire La Gazelle, les élèves tentent de supporter une chaleur accablante. Dans les classes, les volets sont clos, les fenêtres fermées, mais la température reste élevée. Les enfants s'éventent avec des feuilles ou serrent leurs gourdes comme des trésors. Un seul ventilateur peine à rafraîchir les premiers rangs, laissant les élèves du fond sans aucun souffle d'air.
Des enfants éprouvés par la chaleur
Solal, un élève de CM2, a le front couvert de sueur : "Ceux du fond ne sentent rien." Beaucoup ont apporté des ventilateurs portatifs. Jade confie : "Quand il fait chaud, on se déconcentre. On cherche comment se rafraîchir au lieu d'écouter." La fatigue est générale : "À la maison, on reste devant la clim ou le ventilateur, on ne bouge plus." Les récréations se déroulent à l'ombre, sous les arbres ou sous le préau, tandis que la cour goudronnée, brûlante, reste déserte. L'an dernier, des malaises ont été enregistrés. Jade se souvient : "Je suis tombée dans les pommes car il faisait plus de 45 degrés dans la classe."
Mesures d'urgence et limites
Face à cette situation, la Ville de Nîmes a activé un plan d'urgence : vérification des climatisations, distribution de ventilateurs supplémentaires, création de "zones refuges" climatisées. La directrice Julie Monterrain explique que les familles doivent fournir des gourdes, et que les récréations sont adaptées. Des bars à eau ont été installés, et la cantine climatisée sert de refuge. Mais les moyens restent limités. Laurie-Anna Bounaceur, AESH, témoigne : "C'est un four dans les classes, surtout au dernier étage. Certains enfants saignent du nez à cause de la chaleur. Un seul ventilateur brasse de l'air chaud."
Adapter les écoles : une nécessité impérieuse
Pierre-Edouard Detrez, adjoint à l'Éducation, reconnaît que la ville a été prise de vitesse. Il annonce l'arrivée de 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs en cas de crise. Au-delà de l'urgence, il insiste sur l'adaptation durable : végétalisation des cours, isolation, protections solaires. Il cite un exemple frappant : dans une cour sans arbres, le sol atteignait 51 degrés, contre 31 dans une cour végétalisée. La chaleur n'est plus un simple inconfort estival : elle devient un enjeu majeur d'apprentissage, de santé et d'adaptation climatique pour les écoles nîmoises.



