Canicule : 43% des logements français sans volets, le cas d'Antigone à Montpellier
Canicule : 43% des logements français sans volets, cas d'Antigone

Près d'un logement français sur deux n'a pas de volet, selon une étude IGNES – Pouget Consultants. À Montpellier, dans le quartier d'Antigone, presque aucun logement n'est doté de volets ni d'espaces extérieurs. Résultat : à l'intérieur des appartements, la température "dépasse facilement les 30 degrés".

Un quartier sans volets, des températures intérieures extrêmes

Antigone, dans le centre-ville de Montpellier (Hérault), est une succession d'immeubles néo-baroques aux façades ornées de moulures, de colonnes et de grandes fenêtres. Près de 8 000 personnes y vivent, et surchauffent. "À l'intérieur de mon appartement, il fait chaud, très chaud", suffoque Solène*, une sexagénaire qui habite le quartier depuis vingt-six ans. La raison : l'absence de volets sur la quasi-totalité des fenêtres.

À l'époque de la construction du lotissement, à la fin des années 1980, l'architecte catalan Ricardo Bofill avait prévu d'immenses baies vitrées, sans filtre UV ni volet. "Et ça, c'est bien dommage, surtout quand on sait que la chaleur entre principalement dans les logements par les fenêtres", explique Pascal Lenormand, ingénieur en sobriété du bâtiment. Selon la Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé Pierre), les volets, stores, persiennes et autres brise-soleil permettent de réduire la température intérieure de quatre à cinq degrés.

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Des solutions de fortune face à la cinquième vague de canicule

Alors que l'Hérault se réveille sous une cinquième vague de canicule en moins de cinq mois, les habitants du quartier d'Antigone trouvent des solutions pour gagner de la fraîcheur. Certaines fenêtres laissent dépasser un tuyau de climatiseur. D'autres sont fermées, feutrées par des rideaux ou des couvertures de survie. C'est le cas du double vitrage de Tristan, un étudiant qui occupe l'appartement depuis plusieurs étés. Derrière sa fenêtre, un ventilateur au bruit assourdissant tourne à plein régime, brassant de l'air chaud. "Mon principal problème c'est ça : les fenêtres", déplore-t-il. Le baromètre Qualitel rappelle que le seuil d'inconfort dans un logement est atteint à partir de 27 °C en journée et 25 °C la nuit.

Des contraintes architecturales freinent l'installation de protections solaires

Le cabinet Bofill Taller de Arquitectura, qui gère les bâtis, semble réticent à l'idée d'installer des protections solaires sur les vitres du quartier, pour des raisons esthétiques. "On travaille depuis une dizaine d'années sur le confort thermique et l'habitabilité des appartements. Le cabinet Bofill doit valider tous nos projets, et ça, ça prend du temps", témoigne Cathy Gopal, gestionnaire de la résidence Port Juvénal chez Foncia. "On est force de proposition, on a fait des études de faisabilité, on teste aussi des nombreux dispositifs ! On essaye d'améliorer le confort d'été mais on ne peut pas faire n'importe quoi. On a de nombreuses contraintes architecturales à respecter", ajoute-t-elle.

Pour une durée d'un an, deux appartements de la résidence Port Juvénal ont été équipés, l'un d'une brise solaire inclinable, l'autre d'un store screen. "Les résultats ont l'air satisfaisants", lance Cathy Gopal. Interrogé, le cabinet Bofill n'a pas répondu aux sollicitations de Midi Libre. *Le prénom a été modifié.

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