Depuis le début de l'année 2026, la Louisiane fait face à une recrudescence inquiétante d'infections à Vibrio vulnificus, la bactérie dite « mangeuse de chair ». Cinq personnes sont mortes et neuf autres ont été hospitalisées après avoir été contaminées. Selon le ministère de la Santé de l'État, cité par CBS News, toutes les victimes présentaient des pathologies préexistantes et ont contracté le germe par des plaies exposées à l'eau de mer.
Une bactérie mortelle dans 20 % des cas
Ce bacille, présent naturellement dans les eaux côtières chaudes, provoque la forme la plus grave de vibriose. Contrairement à ce que suggère son surnom, il ne « mange » pas littéralement la chair, mais il peut se multiplier dans une plaie, entraîner une infection cutanée sévère, puis des nécroses étendues. Dans les cas les plus graves, l'infection évolue vers une septicémie mortelle. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la maladie tue environ 20 % des personnes infectées et conduit fréquemment à des amputations.
Une augmentation significative des cas
Au cours de la dernière décennie, la Louisiane a enregistré en moyenne sept cas et un décès par an. Cependant, l'année 2025 avait déjà marqué une hausse importante avec 26 cas et cinq morts. Cette tendance se poursuit en 2026, avec déjà cinq décès en à peine huit mois. La Floride voisine déplore également deux décès en 2026, après 19 morts en 2024 et cinq en 2025. Mi-juillet, un adolescent de 17 ans a dû être hospitalisé dans un état critique en Floride après avoir été contaminé lors d'une baignade.
Le changement climatique en cause
La hausse de la température des eaux, liée au changement climatique, ainsi que les inondations après les ouragans, favorisent la propagation de cette bactérie vers de nouvelles régions des États-Unis et même en Europe. Les eaux côtières plus chaudes offrent des conditions idéales pour la prolifération de Vibrio vulnificus. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance, notamment pour les personnes âgées ou immunodéprimées qui présentent un risque accru de formes graves.
Un risque limité en Occitanie, selon un expert
Malgré cette alerte, le risque reste limité sur les plages d'Occitanie, selon Patrick Monfort, directeur de recherche au CNRS au sein du laboratoire HydroSciences Montpellier et spécialiste des vibrions. Interrogé par Midi Libre, il a tenu à rassurer la population locale, tout en recommandant de surveiller l'évolution de la température des eaux et de respecter les consignes de sécurité, notamment en cas de plaies ouvertes.
Des précautions essentielles
Pour prévenir toute infection, les autorités sanitaires recommandent d'éviter de se baigner en eau de mer si l'on présente une plaie, une coupure ou une éraflure. Il est également conseillé de porter des vêtements de protection lors d'activités nautiques et de bien nettoyer toute plaie après une exposition à l'eau de mer. Les personnes à risque, comme les diabétiques ou les personnes atteintes de maladies chroniques, doivent être particulièrement vigilantes.



