Le 30 août 2010, l'Hérault a connu l'incendie le plus dévastateur de son histoire, avec 2 544 hectares brûlés à proximité du Pic Saint-Loup. Quinze ans après, le paysage a profondément changé : le pin d'Alep s'est imposé au détriment des feuillus, et une garrigue basse a remplacé la forêt par endroits.
Un feu historique
L'incendie, probablement allumé volontairement, est parti de Fontanès avant de toucher sept autres communes, principalement Saint-Bauzille-de-Montmel et Guzargues. Selon Fabien Brochiero, responsable du pôle DFCI Gard-Hérault-Lozère de l'Office national des forêts (ONF), cet incendie a suivi le même parcours que celui de juillet 1989, qui était jusqu'alors le plus important dans l'Hérault avec 1 800 hectares brûlés. Les feux de 2010 ont essentiellement ravagé des forêts privées. Quelques années après, des actions de remise en pâturage ont été menées, et des bandes de 30 à 100 mètres de large ont été débroussaillées le long des pistes DFCI.
Le pin d'Alep, un résineux adapté au feu
Le pin d'Alep, déjà présent après l'incendie de 1989, a profité de celui de 2010 pour se multiplier. Armand Aninat, coordinateur DFCI Hérault, explique que cette espèce s'adapte au feu en produisant de nombreuses graines. Aujourd'hui, on observe des jeunes futaies bien plus denses qu'avant l'incendie. Fabien Brochiero précise qu'il peut y avoir de 10 000 à 20 000 jeunes arbres à l'hectare, alors que dans le cadre d'une gestion forestière, on plante habituellement 1 000 à 1 500 arbres par hectare. Les feuillus comme les chênes verts ou blancs, qui rejettent des racines après le feu, souffrent du réchauffement climatique, tandis que le pin d'Alep s'épanouit.
La garrigue basse remplace la forêt
Lorsque le feu passe deux fois en moins de vingt ans, le pin d'Alep n'a pas le temps de se régénérer. Le sol, mis à nu, subit le ruissellement des fortes pluies d'automne et perd en fertilité. Il en résulte un paysage de garrigue basse dominé par les chênes kermès. Depuis 2010, ces paysages sont visibles entre la carrière de Castries, Guzargues et Saint-Bauzille-de-Montmel.
La nécessité de la vigilance
Pour limiter ces phénomènes, la vigilance est de mise. Les derniers feux sont d'origine humaine, mais involontaires dans la plupart des cas. Il est essentiel d'adapter son comportement pour réduire les risques d'incendie.



