Après des années d'arrêt, l'eau a enfin retrouvé le lavoir de la vieille ville de Salernes, à la suite de travaux de réparation. Une victoire pour l'Association syndicale autorisée (ASA) du canal de Saint-Barthélemy, qui espère que cette remise en eau ne sera que le début d'une série de bonnes nouvelles.
Des travaux nécessaires après un éboulement
En février dernier, un important éboulement sur la RD 560, au niveau du viaduc du canal de Saint-Barthélémy, avait endommagé le canal. D'importants travaux ont été nécessaires pour rétablir l'alimentation en eau de la commune. La mairie a procédé à un curetage des tuyaux, et depuis quelques jours, l'eau devrait en principe circuler à nouveau. Cependant, le quartier du Plan reste toujours privé d'eau, une situation intenable pour les deux exploitations agricoles et la pépinière du secteur.
Un blocage mystérieux
Une réunion du comité de l'ASA a révélé que le fonctionnement du canal est perturbé par un blocage dont l'origine reste introuvable. Didier Deragnaucourt, président de l'association, se dit découragé : « Je contrôle régulièrement et très souvent le passage du canal, pour détecter où se situe le problème. Jusqu'à ce jour, impossible de trouver la faille. C'est frustrant et problématique pour les membres de l'association qui ne sont toujours pas alimentés en eau. »
Patrick Vesin, vice-président, dénonce quant à lui des incivilités répétées : « Malheureusement, des incivilités se multiplient, et tout au long de l'année, nous sommes contraints de contrôler et d'interpeller les contrevenants pour assurer l'écoulement correct du canal. C'est un travail énorme, de tous les jours, et très contraignant. »
Des amendes pouvant atteindre 1 500 euros
Pour dissuader les actes de malveillance, l'Agence de l'eau peut être sollicitée pour rétablir les canaux bouchés. Les contrevenants s'exposent à une amende de 750 euros, et jusqu'à 1 500 euros en cas de récidive. Didier et Patrick préfèrent toutefois éviter ces mesures et en appellent au civisme des usagers. « La grande majorité des membres de l'association respecte les usages », précise Didier.
Des coûts importants pour la réfection
Le premier devis pour la réfection de l'aqueduc s'est élevé à 2 400 euros pour une conduite en PVC. Mais après contrôle de l'étanchéité, le Département a refusé cette technique, contraignant l'association à opter pour une conduite en polyéthylène (PEHD), dont le coût s'élève à 15 000 euros. Une demande de subvention est en attente auprès de la Chambre d'agriculture et de la forêt.
Le lavoir, un lieu chargé d'histoire
Le lavoir de Salernes, mis en service en 1855, a longtemps été un lieu de rencontre et d'échanges pour les femmes du village. Aujourd'hui, il redevient un point d'intérêt pour les habitants et les touristes. Romuald Bianconi, employé de mairie, a effectué les travaux de branchement et veille à la propreté du lieu : « Je viens d'enlever des morceaux de verre au fond de l'eau. Des gamins sans doute… », soupire-t-il. Il continuera de veiller à la propreté du lavoir.
Les deux bassins, abrités sous une charpente en bois, offrent une halte rafraîchissante dans les hauteurs du village. Les visiteurs sont invités à respecter ce patrimoine, qui fait désormais partie des attractions touristiques de la Provence.



