Nappes phréatiques du Gard : situation contrastée selon les bassins versants
Nappes phréatiques du Gard : situation contrastée

Alors qu'aucune pluie significative n'est tombée dans le Gard depuis le début de l'été 2026, la situation des nappes phréatiques et des cours d'eau diffère fortement selon les bassins versants. Entre des niveaux rassurants sur la Vistrenque et une baisse préoccupante du Vidourle, le point sur les ressources en eau du département.

Bassin des Gardons : un contraste entre amont et aval

Le bassin versant des Gardons, qui s'étend des Cévennes jusqu'au Rhône, présente une situation contrastée. Pour le karst urgonien (de Ners à Remoulins), « le niveau de la nappe phréatique est modérément bas voire bas », explique François Jourdain, chargé de mission animation PGRE à l'EPTB Gardons, car il dépend uniquement des pluies et des pertes du Gardon, dont le débit est actuellement très bas.

En revanche, les affluents comme le Gardon d'Anduze et le moyen Gardon affichent un niveau autour de la moyenne, voire modérément haut, grâce à une bonne recharge hivernale. Cependant, sans pluie en juillet, la baisse se poursuivra. « De manière générale, il faudra attendre les pluies automnales et hivernales pour voir les nappes se recharger », prévient François Jourdain. Le niveau de restriction est actuellement en alerte sécheresse (niveau 2 sur 4).

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Bassin de la Cèze : une situation pire qu'en 2022

Sur le bassin de la Cèze et des petits affluents du Rhône, Hugues Brentagani, chargé de mission gestion quantitative au syndicat mixte AB Cèze, décrit une « situation contrastée ». Les dernières pluies remontent à début mai. « Les cours d'eau sont plutôt bas en amont des Cévennes et du Mont-Lozère. La situation est pire qu'en 2022 », indique-t-il. En aval, le niveau reste potable mais la baisse est marquée, même si moins grave qu'en 2022.

Concernant les forages, le niveau est correct car les pluies de janvier à mars ont bien rempli les zones calcaires. « Le niveau des stocks n'est donc pas catastrophique et permet d'alimenter la basse Cèze de Goudargues jusqu'au Rhône », rassure Hugues Brentagani. Le bassin est placé en alerte renforcée.

Vistrenque : des nouvelles rassurantes

Pour le bassin versant Vistre Vistrenque, David Villessèche, chargé de mission à l'EPTB, se montre plutôt rassurant. Il note toutefois un « contraste saisissant entre l'état des nappes phréatiques et celui des rivières en surface ». En juillet, « on ne s'attend pas à des dégradations majeures. Pour la nappe de la Vistrenque, on devrait passer l'été sans trop de soucis ».

La nappe de la Vistrenque est à un niveau haut, et celle des Costières à un niveau modérément haut (données de juin). « Nous sommes un peu plus haut que l'année dernière à la même période, même s'il y a une baisse saisonnière. C'est plutôt une bonne nouvelle. On le doit aux pluies relativement abondantes du printemps », conclut David Villessèche. Aucun niveau de restriction n'est en vigueur.

Vidourle : un débit déjà estival, l'alerte renforcée en vue

L'EPTB du Vidourle n'a pas la charge des nappes phréatiques mais les observe. « Les nappes sont au-dessus de la moyenne (entre 1,5 et 2 mètres au-dessus), grâce à la pluie de fin mai et surtout celle de l'hiver qui a été un grand moment de recharge », constate Etienne Demouzon, chargé de mission ressources en eau.

En revanche, la situation du Vidourle est plus inquiétante : « Entre fin juin et début juillet, le débit a beaucoup diminué. À Sommières, nous étions à 600 litres par seconde au 27 juin, relevé par la station de mesure, contre 235 l/s au matin du 20 juillet, à la suite d'une mesure du service de préservation des crues. Nous sommes au niveau que l'on connaît habituellement fin août. » Actuellement en vigilance, le secteur devrait passer en alerte renforcée lors du prochain Comité de la ressource en eau (CRE) le 23 juillet en préfecture.

Les quatre niveaux d'alerte sécheresse

La préfecture peut imposer des restrictions selon l'arrêté cadre sécheresse du 24 mai 2023 :

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  • Vigilance : comportement écoresponsable, usage raisonné de l'eau.
  • Alerte : interdiction du remplissage des piscines privées, lavage des voitures à domicile, fonctionnement des fontaines. Irrigation agricole, arrosage des terrains de sport, pelouses et jardins d'agrément interdits entre 10 h et 18 h (sauf goutte-à-goutte pour l'agriculture). Objectif : réduire d'un tiers les prélèvements non prioritaires.
  • Alerte renforcée : interdictions supplémentaires sur les horaires d'arrosage (entre 8 h et 20 h, une nuit sur deux) et arrosage des pelouses non accessibles au public. Objectif : réduire de moitié les volumes prélevés pour les usages non prioritaires.
  • Crise : seuls les usages prioritaires sont autorisés (eau potable, survie des espèces aquatiques, abreuvement des animaux, sécurité civile, salubrité publique). Des dérogations encadrées possibles pour l'irrigation agricole.