Mercredi soir, l'Olympique Lyonnais a été éliminé de la Ligue des champions par Fenerbahçe (1-2) au Parc OL, à Décines. Les 55.445 spectateurs présents ont vu leur équipe encaisser deux buts en quatre minutes en première période (24e, 28e) et échouer à revenir au score malgré les espoirs suscités par Loïs Openda (64e) et Kaïl Boudache (71e), tous deux refusés après intervention du VAR. Cette défaite s'ajoute à une série de contre-performances à domicile dans les matchs à enjeu, un constat partagé par le capitaine Corentin Tolisso et l'entraîneur Paulo Fonseca.
Une première période catastrophique
L'OL a débuté la rencontre avec une défense fébrile, illustrée par les erreurs d'Ainsley Maitland-Niles et d'Ernest Nuamah. Sur le premier but, Maitland-Niles a contré un centre d'Oguz Aydin mais n'a pas anticipé l'effet du ballon, laissant l'attaquant turc centrer pour Vedat Muriqi (1,94 m). Ce dernier, au duel avec Abner (1,82 m), a conclu en deux temps après un arrêt de Dominik Greif (24e). Quatre minutes plus tard, sur un corner de Mason Greenwood, Archie Brown a pris le meilleur sur Maitland-Niles et Nuamah, qui l'avaient laissé filer, pour marquer de la tête (28e).
Le directeur sportif Matthieu Louis-Jean a regretté un collectif « passif » en première période. Corentin Tolisso, capitaine lyonnais, a exprimé sa colère : « On laisse centrer puis on prend un autre but sur coup de pied arrêté, ça n’est pas normal. On peut avoir des regrets sur cette première période qu’on a totalement ratée. On n’a pas réussi à emballer le match ». La seule occasion lyonnaise de la première demi-heure est venue d'un quasi auto-but de Muriqi sur corner (35e).
Les fantômes des matchs couperets
Cette défaite rappelle les trois grosses contre-performances récentes de l'OL à domicile dans des tournants, toutes survenues en six mois. Le 5 mars, en Coupe de France contre Lens, Lyon, alors sur une série de 13 victoires, a été mené 0-2 à la mi-temps avant de s'incliner aux tirs au but (2-2, 4-5). Le 19 mars, en Ligue Europa contre le Celta Vigo, l'OL a été réduit à dix dès la 19e minute (expulsion de Moussa Niakhaté) et a perdu 0-2. Enfin, le 17 mai, en Ligue 1, Lyon a été humilié 0-4 par une équipe de Lens bis, alors qu'une victoire aurait envoyé le club en Ligue des champions.
Interrogé par 20 Minutes, Tolisso a reconnu que ces échecs trottaient dans les têtes : « Les faits sont là, c’est triste à dire. Inconsciemment, ça pouvait trotter dans les têtes, il y avait déjà eu ce match à Manchester [5-4 après avoir mené 2-4 en prolongation] avant, puis donc le Celta Vigo et Lens. Je pensais qu’on avait progressé, qu’on avait pris en maturité, mais on voit qu’au début du match on était un peu inhibés. On ne tentait pas beaucoup de choses. Il faut vite qu’on apprenne et qu’on devienne des plus grands garçons, et moi le premier. »
Les choix de Fonseca en question
Les choix de coaching de Paulo Fonseca sont également pointés du doigt. Les erreurs de Maitland-Niles ne sont pas nouvelles, et l'arrivée de Zachary Athekame (ex-AC Milan) au poste de latéral droit aurait pu justifier un changement. Mais le Portugais a titularisé Maitland-Niles, et n'a pas non plus intégré Felix Bacher à la place de Ruben Kluivert. Interrogé sur le timing tardif de ses changements (Athekame et Boudache à la 62e), Fonseca, excédé, a répondu : « Vous posez toujours la même question. A la fin d’un match, il est toujours facile de parler… La raison, c’est peut-être que je suis un entraîneur de merde, c’est l’explication ».
Cette réaction inhabituelle reflète la tension autour de cette nouvelle désillusion. Fonseca a tenté de positiver : « On a affronté une équipe très forte, incroyable, et on a très bien réagi. Les joueurs se sont battus jusqu’à la fin du match ». Mais Tolisso a assumé : « C’est clairement un échec ce soir ».
Conséquences financières et mercato
Cet échec européen prive l'OL de la Ligue des champions, avec un manque à gagner économique important. Matthieu Louis-Jean a évoqué la situation : « Je ne peux pas vous répondre sur ça tout de suite. Pour le moment, ça n’est pas une question de Malick ou pas Malick. C’est un marché qui va dicter ce qu’on peut faire et on actera en fonction. Au-delà de la déception sportive, on aurait bien sûr préféré être en Ligue des champions financièrement. Mais on avait budgété une place en Ligue Europa donc ça ne change rien par rapport à notre plan. »
Paulo Fonseca a confirmé : « Je comprends la situation du club. La Ligue des champions était très importante pour permettre de continuer avec les mêmes joueurs. Peut-être qu’on a maintenant besoin de vendre, c’est la réalité ». Le départ de Malick Fofana semble inéluctable dans ce contexte, et l'OL devra gérer un mercato sous tension jusqu'à la fin du mois.



