Une nouvelle invasion de méduses a perturbé le fonctionnement de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le département du Nord. EDF a été contraint d'arrêter l'un des six réacteurs du site, la plus puissante centrale d'Europe occidentale, afin de protéger le circuit de refroidissement des installations. L'unité de production concernée restera à l'arrêt tant que la concentration de méduses dans les eaux de refroidissement n'aura pas diminué.
Un phénomène récurrent lié au réchauffement des eaux
Selon EDF, cette intrusion de méduses est due à une conjonction de facteurs : la hausse de la température de l'eau, les courants marins et les vents. Les méduses, attirées par les eaux plus chaudes, se sont massées à proximité des prises d'eau de la centrale, obstruant les filtres. Ce phénomène, déjà observé par le passé, s'est intensifié ces dernières années, notamment en raison du réchauffement climatique qui favorise la prolifération de ces organismes gélatineux.
La centrale de Gravelines, située en bord de mer du Nord, est particulièrement exposée à ce type d'incident. En 2020, une invasion de méduses avait déjà conduit à la réduction de puissance de plusieurs réacteurs. Cette fois, EDF a pris la décision de stopper complètement un réacteur pour éviter tout risque d'endommagement du système de refroidissement, essentiel à la sûreté de l'installation.
Un arrêt sans impact sur l'alimentation électrique
L'arrêt du réacteur n'a pas eu de conséquence sur l'alimentation électrique de la région. La centrale de Gravelines, avec ses six réacteurs de 900 mégawatts chacun, dispose d'une capacité totale de 5 400 mégawatts, ce qui représente environ 6 % de la production nucléaire française. Grâce à cette marge de manœuvre, EDF a pu compenser la perte de production sans recourir à des importations d'électricité.
L'entreprise précise que le réacteur arrêté pourra être redémarré dès que la concentration de méduses aura diminué. Les équipes techniques surveillent en continu la situation et procèdent à des opérations de nettoyage des filtres. EDF n'a pas communiqué de date précise pour le redémarrage, la priorité étant donnée à la sûreté de l'installation.
Une surveillance renforcée pour l'avenir
Face à la récurrence de ce phénomène, EDF a mis en place des dispositifs de surveillance et de prévention. Des filets de protection ont été installés à l'entrée des canaux d'amenée d'eau, et des capteurs permettent de détecter les concentrations de méduses. Ces mesures visent à réduire les risques de blocage des circuits de refroidissement à l'avenir.
L'invasion de méduses à Gravelines s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication de ces événements sur les côtes françaises. Les scientifiques attribuent cette prolifération à la hausse des températures marines, qui modifie les écosystèmes et favorise le développement de ces espèces. Pour les centrales nucléaires côtières, ce phénomène représente un défi opérationnel croissant, nécessitant une adaptation continue des procédures de sûreté.



