Face à une vague de chaleur exceptionnelle, l'Agence météorologique japonaise (JMA) a introduit une nouvelle expression pour qualifier les températures extrêmes : « journées cruellement chaudes » (môshobi en japonais). Cette catégorie s'applique aux journées où le mercure dépasse les 40 °C, un seuil jamais atteint auparavant dans la classification officielle du pays.
Une canicule historique
Depuis le début de la semaine, plusieurs régions du Japon, notamment dans le centre et l'ouest de l'archipel, enregistrent des températures supérieures à 40 °C. Le 21 juillet 2026, la ville de Kumagaya (préfecture de Saitama) a atteint 41,2 °C, approchant le record national de 41,1 °C établi en août 2020. Selon la JMA, cette canicule est due à un puissant anticyclone qui stagne sur l'archipel, combiné à un air chaud venu du sud.
Les autorités sanitaires ont recensé plus de 3 000 admissions aux urgences pour des coups de chaleur en trois jours, dont 12 décès confirmés. Le gouvernement a émis des alertes dans 26 des 47 préfectures, recommandant aux habitants de rester à l'intérieur et de boire régulièrement de l'eau.
Une classification révisée
Jusqu'à présent, l'agence météorologique japonaise utilisait les termes « journées très chaudes » (môshobi) pour les températures supérieures à 35 °C, et « journées extrêmement chaudes » (gokumôshobi) au-delà de 38 °C. Désormais, « journées cruellement chaudes » (môshobi) désigne spécifiquement les températures dépassant 40 °C. Un porte-parole de la JMA a expliqué : « Nous avons créé ce nouveau terme pour sensibiliser le public à la dangerosité de ces températures exceptionnelles, qui peuvent être mortelles. »
Impact sur la population et l'économie
Les fortes chaleurs perturbent la vie quotidienne des Japonais. Les compagnies ferroviaires ont ralenti leurs trains par précaution, et les écoles ont fermé dans plusieurs préfectures. Le secteur agricole est également touché : les récoltes de riz et de légumes subissent des pertes importantes. Selon le ministère de l'Agriculture, les dommages pourraient atteindre 300 milliards de yens (environ 2 milliards d'euros) si la canicule se prolonge.
Cette canicule s'inscrit dans une tendance plus large de réchauffement climatique. Le Japon a connu ses six années les plus chaudes depuis le début des relevés en 1898, avec une augmentation moyenne de 1,3 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Les experts prévoient que les « journées cruellement chaudes » deviendront plus fréquentes dans les décennies à venir.



