Une alliance inédite contre le projet solaire de Valderoure
Le combat judiciaire autour du projet de parc photovoltaïque de 26 hectares à Valderoure, dans le haut pays grassois, prend une nouvelle tournure. Huit organismes et associations viennent d'apporter leur soutien officiel à la procédure d'appel visant à obtenir l'annulation du permis de construire. Ce projet, déjà en activité, suscite une vive opposition depuis son lancement.
En janvier dernier, le tribunal administratif de Nice avait rejeté le recours de trois riveraines contestant l'arrêté préfectoral du 20 septembre 2021. L'association Agir pour le patrimoine et la conservation du vivant (APCV) avait qualifié cette décision d'« inacceptable », estimant que le tribunal n'avait pas tenu compte de l'avis favorable sous réserve du commissaire enquêteur. En mars, l'APCV a donc déposé un appel devant la cour administrative d'appel de Marseille.
Un soutien de poids pour l'appel
Cet appel reçoit désormais le renfort de six nouveaux intervenants, qui se joignent volontairement à la procédure. Ils soutiennent le mémoire déposé et demandent l'annulation du permis de construire. Parmi eux, la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, l'Association syndicale libre de l'Artuby (représentant les irrigants) et la Commission syndicale de l'Artuby (usagers du Var). S'ajoutent l'Association de protection des sites et lacs du Verdon et le Groupement des associations de défense des sites et de l'environnement de la Côte d'Azur (Gadseca). Par ailleurs, l'Établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau (Epage) a également interjeté appel de manière distincte.
La ressource en eau au cœur des préoccupations
Les opposants mettent en avant le risque pour la ressource en eau, notamment l'impact sur la source des Bouisses, qui alimente onze communes du haut pays grassois. Selon eux, le permis de construire aurait dû être refusé en raison de ce danger. Lors de l'enquête publique, ces organismes avaient déjà émis des avis défavorables. La Chambre d'agriculture et la FDSEA avaient exprimé des craintes sur « des conséquences lourdes pour l'agriculture locale », soulignant qu'une baisse de débit ou une altération de la qualité de l'eau mettrait en péril de nombreuses exploitations.
Mélodie Lamotte D'Incamps, présidente de l'APCV, se félicite de cette union : « L'objectif est que tous les opposants au projet soient unis dans la même instance. C'est désormais une levée de boucliers qui rassemble le monde agricole, la société civile et des associations de protection de l'environnement. »
Un nouveau contexte municipal
La donne a changé à la mairie de Valderoure. L'ancien maire Bernard Roux, soutien actif du projet, a été battu aux dernières élections municipales. La nouvelle maire, l'agricultrice Sandrine Giraud, se montre prudente : « Les élus de la majorité sont inquiets. Nous sommes pour le solaire en toiture, mais pas en forêt. » Elle a déjà proposé à l'agglomération du Pays de Grasse l'installation de panneaux solaires sur la toiture de la salle culturelle Jean-Paul Henry, destinée à l'autoconsommation électrique.
Reste à attendre la date d'audience en appel pour connaître l'issue de ce dossier.



