La guerre au Moyen-Orient provoque une flambée des prix du gaz naturel et des difficultés d'approvisionnement, ce qui dope la production d'électricité à base de charbon. Selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur les marchés de l'électricité, la production au charbon « devrait augmenter de 1,4 % en 2026, après être restée globalement stable en 2025 ».
Des prix de l'énergie au plus haut depuis 2022
Au-delà des problèmes d'approvisionnement, l'augmentation du recours aux centrales à charbon s'explique par la flambée des prix de l'énergie en 2026. En hausse de 30 % par rapport au premier semestre 2025, ils sont « à leur plus haut niveau depuis la crise énergétique de 2022 et 2023 », alors provoquée par la guerre en Ukraine.
Des émissions de CO2 inégales selon les régions
En conséquence, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) issues de la production d'électricité devraient augmenter de 1 % en 2026, avec de grandes disparités selon les régions. L'Asie du Sud-Est devrait voir ses émissions croître de 6 %, tandis que l'Union européenne devrait enregistrer une baisse de 5 %. Ces rejets de CO2 devraient cependant se stabiliser en 2027, grâce à la progression de la production d'énergies renouvelables, « en passe de devenir la première source mondiale de production d'électricité en 2026, dépassant le charbon, après avoir quasiment atteint la parité en 2025 », estime l'analyse.
L'envol du solaire
L'offre de renouvelables devrait ainsi être en hausse de 8 % en 2026 et sa part dans l'offre mondiale devrait passer de 33 % en 2025 à 37 % en 2027. Le secteur est porté par l'énergie solaire, dont la production devrait dépasser celle de l'éolien en 2026 et ainsi « devenir la deuxième source d'électricité mondiale renouvelable après l'hydroélectricité », poursuit l'AIE.
Une consommation électrique en forte hausse
De manière générale, la consommation d'électricité « est sur une trajectoire nettement ascendante », portée notamment par l'industrie, les véhicules électriques et les centres de données, assure l'AIE. Elle précise qu'elle devrait croître de 3,6 % en 2026, puis de 3,8 % en 2027, contre une progression de 3 % en 2025.
L'impact d'El Niño
Enfin, l'épisode El Niño, variation naturelle du climat qui réchauffe les températures et entraîne des changements au niveau des vents, s'avère plus fort que prévu cette année. Ce phénomène météorologique « pourrait affecter la demande électrique », en augmentant les besoins de refroidissement et en limitant la production hydroélectrique et éolienne.



